Des détenus non désirés à Saint-André

V. Vantighem et J. Brabant - ©2007 20 minutes

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« Hannibal Lecter dans ma ville, je n'y tiens pas vraiment !» Olivier Henno, le maire (Modem) de Saint-André, a exprimé hier son refus de voir une unité hospitalière de soins adaptés (UHSA) implantée sur sa commune. Le projet, porté par l'Agence régionale d'hospitalisation (ARH), vise à regrouper des détenus atteints de troubles mentaux dans un service fermé de l'hôpital psychiatrique de Lommelet. « Je ne veux pas qu'on pense qu'il y a une prison à Saint-André », assure l'élu.

A huit mois des élections municipales, le projet n'est pourtant pas encore ficelé. « Nous avons juste lancé une étude de faisabilité, affirme le docteur Marie-Pierre Villarubias, chargé du dossier à l'ARH. J'espère tout de même que l'unité pourra ouvrir en 2008-2009. » Pour cela, il ne faudra toutefois pas compter sur le corps médical de Lommelet « plus que réservé », selon François Caplier, le secrétaire général de l'établissement.

Ce qui n'était pas le cas des professionnels du CHR de Lille. « Nous étions favorables à l'ouverture de cette unité chez nous. Mais nous manquons de moyens fonciers », assure la direction. Un bâtiment de 5 000 m2 et un environnement « sain » sont en effet nécessaires pour accueillir la soixantaine de lits prévus dans le projet. Des conditions que l'on retrouve à Lommelet. « De toute façon, je ne veux pas dialoguer sur le sujet, je veux juste dire non. Et s'il le faut, je mobiliserai la population », conclut le maire.

soins Il existe déjà une unité hospitalière de soins infirmiers pour détenus au CHR de Lille. Mais elle n'est pas prévue pour prendre en charge les troubles psychiatriques.