Nord: Alexandra Lange, acquittée pour le meurtre de son mari violent, soutient Jacqueline Sauvage

JUSTICE La jeune femme acquittée aux Assises du Nord en 2012 après avoir tué son mari en légitime défense, soutient la grâce présidentielle demandée pour Jacqueline Sauvage...

Olivier Aballain
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Manifestation de soutien à la grâce demandée pour Jacqueline Sauvage, à Paris le 23 janvier 2016
Manifestation de soutien à la grâce demandée pour Jacqueline Sauvage, à Paris le 23 janvier 2016 — SEVGI/SIPA

Elle sait de quoi elle parle. La Nordiste Alexandra Lange, acquittée en 2012 après avoir tué en légitime défense le mari qui la battait, a pris position en faveur de Jacqueline Sauvage, condamnée le 3 décembre 2015 à 10 ans de prison aux Assises du Loir-et-Cher pour le meurtre de son mari violent.

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Alexandra Lange, qui avait obtenu l’acquittement aux Assises du Nord sur recommandation du ministère public, soutient la demande de grâce déposée par les trois filles de Jacqueline Sauvage. Elle s’exprimait ce mercredi au micro de France Bleu Nord.

Une « riposte » après 47 ans de violences

Selon elle, l’acte de cette mère de famille de 66 ans, jugée coupable d’avoir tué son mari de trois coups de fusil dans le dos en 2012, n’était qu’une « riposte », après 47 ans d’enfer conjugal. « Ils auraient préféré quoi ? Qu’elle fasse partie des 118 femmes qui meurent chaque année sous les coups des maris violents ? », s’est-elle interrogée.

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Au procès d’Alexandra Lange en 2012, l’avocat général Luc Frémiot avait considéré que « la société (n’avait) pas tout fait » pour défendre cette femme de 32 ans, qui a tué son mari d’un coup de couteau après dix ans de violences. Le téléfilm tiré de l’affaire, L’emprise, avait été vu par 8,5 millions de téléspectateurs sur TF1, en janvier 2015.

« Déni de justice »

La grâce présidentielle, permise par l’article 17 de la Constitution et qui doit être contresignée par le ministre de la Justice, s’apparente à une suppression ou à une réduction de la peine, et non à une amnistie, la condamnation restant inscrite au casier judiciaire.

Au lendemain du verdict, l’association Osez le féminisme avait dénoncé un « déni de justice », appelant « à l’élargissement de la présomption de légitime défense aux femmes victimes de violences ».