Comment le milliardaire Bernard Arnault se fait piéger par des chômeurs...

CINEMA Le journaliste du journal satirique «Fakir» réalise son premier documentaire, «Merci patron», où il piège, avec humour et ironie, le milliardiaire Bernard Arnault grâce à un couple de chômeurs de l'Avesnois...

Gilles Durand

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Le journaliste François Ruffin.
Le journaliste François Ruffin. — Photo du film - Fakir

Quand un milliardaire se retrouve pris au piège par une bande de gauchistes sans scrupule. Le film Merci patron, réalisé par François Ruffin, directeur du journal satirique Fakir, est un petit modèle de documentaire social, drôle, sarcastique et plein de culot. Il sort le 24 février sur grand écran.

A la Michael Moore

A la façon du cinéaste américain Michael Moore, le journaliste François Ruffin utilise sa caméra pour dévoiler les méthodes permettant d’acheter la paix sociale. Point de départ du documentaire : l’ironique tentative de réhabilitation morale du milliardaire Bernard Arnault. En 2007, le patron de LVMH ferme l’usine Ecce, à Poix du Nord, près de Maubeuge, laissant au chômage 147 personnes.

Parmi elles, la famille Klur qui, six ans plus tard, vit dans une misère noire. Avec l’aide de cet ancien couple d’ouvriers, François Ruffin va bâtir un stratagème pour que Bernard Arnault lâche de l’argent. « A l’époque, Bernard Arnault avait demandé la nationalité belge et était attaqué de toutes parts. J’ai voulu le défendre et montrer qu’il pouvait avoir du cœur », explique François Ruffin.

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L’arroseur arrosé

Et ça marche ! Après avoir envoyé un courrier à Bernard Arnault, la famille voit débarquer chez elle un commissaire des renseignements généraux qui travaille dans l’équipe rapprochée du PDG. Filmé en caméra cachée, le personnage, droit sorti d’un film d’Audiard, donne alors au documentaire des allures surréalistes, montrant, au passage, les failles de notre système de sécurité et la consternante naïveté de nos dirigeants.

« On va vous donner de l’argent, mais il faut que ça reste secret et surtout, ne prévenir ni les journalistes, ni les syndicats », précise le commissaire. « Jamais je n’aurais imaginé que ça fonctionne aussi bien », avoue François Ruffin, équipé de sa casquette et de son tee-shirt « I love Bernard ». Rires garantis dans cette version sociale de l’arroseur arrosé.