Le Nord retient son souffle pour l'éolien offshore

ECONOMIE Dunkerque et Berck-Le Touquet sont candidates pour installer un parc éolien en mer, mais l’appel d’offres est reporté à 2017, quand les études techniques seront connues…

Gilles Durand

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Illustarition d'un parc éolien offshore au Danemark.
Illustarition d'un parc éolien offshore au Danemark. — Angot / SIPA

Le vent du Nord va-t-il emporter la mise ? Dans le cadre du développement des énergies renouvelable, le ministère de l’Ecologie vient de relancer un nouveau calendrier pour le troisième appel d’offres de l’éolien en mer. Une remise à plat des différents projets après plusieurs mois d’atermoiements. Objectif gouvernemental : faire baisser les coûts d’installation.

Des études techniques préalables

« La grosse différence, c’est que désormais, le ministère lance les études techniques préalables avant l’appel d’offres », explique Daniel Grondin, ingénieur projets pour Dunkerque Promotion et Windindustry Nord-Pas-de-Calais. Ce qui repousse les échéances, mais doit éviter les recours après coup.

En 2014, les deux premiers appels d’offres avaient retenu Le Tréport et la Vendée pour développer un parc éolien maritime. Le Nord-Pas-de-Calais, qui avait été évincé, espère, cette fois, remporter la mise avec la candidature de deux sites : Dunkerque et le secteur entre Berck-sur-Mer et Le Touquet.

Voir aussi : Pourquoi la France veut développer les éoliennes en mer

Appel d’offres lancé en 2017

Une consultation pilotée par les préfets maritimes avait eu lieu au premier trimestre 2015. En novembre 2015, le syndicat des énergies renouvelables attendait encore de savoir quelles nouvelles zones seraient sélectionnées à la suite de cette consultation. En vain. En mai 2015, la Région avait déjà lancé un appel à projets, estimé à 50.000 euro, pour étudier le développement des Energies marines renouvelables sur la façade maritime.

C’est dire que le projet d’éolien en mer est attendu. Mais il faudra encore patienter. Le résultat des études techniques et le lancement de l’appel d’offres sont programmés au 3e trimestre 2017. D’ici là, de l’eau aura coulé dans le détroit du Pas de Calais.

Les atouts du littoral nordiste

Quoiqu’il en soit, le monde politique et économique dunkerquois reste mobilisé pour accueillir cet éventuel parc offshore. Le littoral ne manque pas d’atouts, comme le constatait un rapport du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) en 2013 : un vent régulier, des fonds marins peu profonds, l’expérience de Dunkerque dans l’assemblage des éoliennes ou encore une facilité de raccordement aux lignes à très haute tension qui servent à la centrale nucléaire de Gravelines, toute proche.

Mais à Dunkerque, comme à Berck-sur-Mer, tout le monde n’est pas partisan du projet. La sécurité maritime pose question au large de Dunkerque, à cause du rail de navigation, véritable autoroute des cargos. Pour les dockers, ces éoliennes seraient aussi « un obstacle à la fluidité de l’accès au port ». Eux militent plutôt pour des hydroliennes qui utiliseraient la force des courants marins. maritime.

A Berck-sur-Mer, ce sont les pêcheurs et les élus du Montreuillois qui se sont positionnés contre ce projet.