Nord: La guerre d'usure des riverains contre les antennes relais

ENVIRONNEMENT Free et Bouygues Telecom voient leurs installations d’antennes mises à mal par deux collectifs de riverains…  

Olivier Aballain

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Une antenne-relais à Lille.
Une antenne-relais à Lille. — M. Libert /.20 Minutes

Les opérateurs ont l’argent, les riverains ont le temps. La victoire en appel d’un collectif mobilisé contre une antenne-relais de Free, à Lys-Lez-Lannoy, démontre que la patience est le meilleur allié des contestataires.

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Le cas d’une autre antenne-relais, de Bouygues, à Lille-Hellemmes, dont l’autorisation est caduque faute de travaux dans les temps, en est un autre exemple.

Un opérateur trop lent

« Même si nous n’avions pas les moyens de faire un recours judiciaire, nous sommes restés vigilants », explique Arnaud Robillard, membre du « Collectif antenne relais Hellemmes ». Et pour cause : selon le collectif, depuis le 10 décembre 2015, la déclaration préalable d’implantation de l’antenne, rue Louis-Blanc, est tout simplement périmée.

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L’opérateur Bouygues Telecom, qui avait deux ans pour démarrer les travaux, n’aurait rien engagé jusqu’à début janvier 2016. « C’est trop tard, et nous avons prévenu la ville de Lille ». Contacté, l’opérateur n’a pas donné suite à nos demandes.

Une procédure trop cavalière

A Lys-Lez-Lannoy, les riverains ont enduré deux ans de procédure avant d’avoir gain de cause. Fin décembre 2015, le tribunal administratif de Lille a annulé l’arrêté de « non-opposition » pris par la ville, qui autorisait de fait l’installation d’une antenne Free à proximité d’un groupe scolaire.

L’antenne avait pourtant été déjà édifiée sur un mât de 25 m de haut, mais la centaine de riverains du Collectif Antenne Lys-Lez-Lannoy (CALL) n’a pas jeté l’éponge. Compte tenu de la surface occupée par l’équipement (qui mesurait comprenait un mât de 25m de haut), les magistrats ont estimé qu’il aurait dû faire l’objet d’une demande de permis de construire.

Des internautes amers

« Il convient donc de démonter l’antenne-relais », indique la porte-parole du CALL, Catherine Guelton. Contacté par 20 Minutes, l’opérateur Free n’a, là non plus, pas souhaité s’exprimer. L’avocat du collectif, Me Manuel Gros, estime que Free va « probablement déposer une demande de permis » plutôt que de faire appel. « Mais ça ne va pas être simple, puisque le maire actuel, Gaëtan Jeanne (UDI), s’est fait élire en faisant campagne contre l’installation de cette antenne ».

Sur le blog du CALL, un internaute, Thibault, est cependant amer : « Il y a aussi des jeunes, à Lys-lez-Lannoy, qui aimeraient pouvoir jouir de la 4G sur leur téléphone ». Le débat municipal n’est pas clos.