Nord: Le Gouvernement boude (encore et toujours) le Flamand

RÉGIONS L'Éducation Nationale a une nouvelle fois refusé d'inscrire le Flamand sur la liste des langues régionales...

Olivier Aballain
— 
Une classe à Wattrelos, le 20 avril 2012.
Une classe à Wattrelos, le 20 avril 2012. — M.LIBERT/20 MINUTES

Jean-Pierre Decool n’a pas sa langue dans sa poche. Le député du Nord (apparenté LR) a fait part de sa « tristesse » après le refus du gouvernement, le 12 janvier, d’inscrire le Flamand sur la liste des langues régionales reconnues par l’Éducation nationale.

Pourquoi ce déficit de reconnaissance du flamand ? - La Voix du Nord http://t.co/XAcaoOPh
— Culture Lille (@CultureLille) February 4, 2013

Pour l’élu, il s’agissait de donner aux enseignants nordistes la possibilité de se former afin d’assurer un apprentissage du Flamand dans les écoles nordistes. Des expérimentations ont bien été menées dans les écoles primaires, mais Jean-Pierre Decool déplore « le manque de continuité pédagogique au collège et au lycée ».

« Concurrence » avec le Néerlandais ?

Pourtant, depuis une circulaire de 2001, révisée en 2002, dix-sept académies de France métropolitaine et d’Outre-Mer sont autorisées à assurer la formation de leurs enseignants à une langue régionale. Pas l’académie de Lille, qui reste exclue de la circulaire.

« Il semble difficile d’accepter l’intégration du Flamand occidental dans un cursus classique qui pourrait créer un impact concurrentiel négatif avec le Néerlandais », a expliqué André Vallini, le secrétaire d’État qui s’exprimait pour le compte de la ministre de l’Éducation Nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

>>A lire aussi : « On confond encore flamand et flamingant »

L’argument fait bondir Jean-Pierre Decool, qui souligne notamment que le Flamand peut au contraire servir de « pont vers l’apprentissage de toutes les langues qui entourent le Nord : l’Anglais, le Néerlandais et l’Allemand ». Le nombre de locuteurs du Flamand (ceux qui parlent ou comprennent la langue) est estimé à environ 30.000 en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Jean-Pierre Decool assure que la réponse du ministère va mettre « beaucoup de tristesse dans la Flandre », et il promet qu’il continuera ses démarches.