Pour le Nord-Pas-de-Calais, il y a urgence

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Ce n'est un secret pour personne : le Nord-Pas-de-Calais cumule les mauvais points en matière de santé. Avec trois ans d'espérance de vie en moins que la moyenne nationale pour les hommes et deux pour les femmes, la région cultive un lourd handicap.

Championne malheureuse de la mortalité par cancer, avec près de 30 % de décès en plus que la moyenne nationale, le Nord-Pas-de-Calais a même vu l'écart se creuser depuis les années 1980 (3 % de décès en moins chez l'homme contre 11 % en France). Les Nordistes figurent ainsi parmi les premières victimes des cancers du poumon, des voies aéro-digestives, du sein, de la prostate... Même topo pour les maladies cardiovasculaires, qui tuent un quart de plus dans le Nord qu'ailleurs en France.

Passé industriel, habitudes alimentaires (le Nord-Pas-de-Calais compte 18,1 % de personnes obèses selon la dernière étude Obepi contre 12,4 % en France), les explications ne manquent pas. La région souffre en outre d'un manque de spécialistes. Mais certains, comme Michel Autès, vice-président (Verts) du conseil régional, pointent aussi un manque d'investissement public. « La dotation hospitalière dans la région est de 8 % inférieure à la moyenne nationale. L'Etat ne tient pas compte des indicateurs de santé. » Dans ce contexte, la nomination probable de deux députés de l'UMP pour rédiger un état des lieux lui paraît « une bonne chose, qui légitime ce que nous dénonçons depuis des années ».