Calais: La préfète ne veut «plus aucun migrant» dehors dans la jungle

RÉFUGIÉS Grâce à 125 conteneurs d’habitation, l’État espère enfin améliorer la situation des migrants à Calais…

Olivier Aballain

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L'un des conteneurs mis en place près de la jungle de Calais
L'un des conteneurs mis en place près de la jungle de Calais — Michel Spingler / SIPA

L’État se donne peut-être enfin les moyens de ses ambitions à Calais. Lundi 11 janvier, 1.500 places d’hébergement, réparties en 125 conteneurs de 12, seront ouvertes aux migrants. Le dispositif, dont l’installation a débuté mi-décembre, vise à compléter les 400 autres places « en dur » déjà disponibles au centre d’accueil Jules-Ferry.


Calais : le premier conteneur est installé pour accueillir les migrants

La préfète du Pas-de-Calais a résumé son ambition lors d’une réunion le 8 janvier : « Notre objectif est que plus aucun migrant ne dorme dehors sur la lande ». Fabienne Buccio sera elle-même présente le 11 janvier chemin des Dunes, pour l’ouverture de ce « Centre d’accueil provisoire » (CAP). Les 125 conteneurs doivent se substituer aux abris bricolés dans la lande par une partie des 4.000 migrants regroupés aux abords du centre Jules-Ferry.

Réduire la taille du campement sur la lande

Les quelque 2.000 migrants qui ne bénéficieront pas d’hébergement en dur sur place devraient se voir proposer un transfert « dans le reste de la France dans les centres d’accueil et d’orientation », a indiqué la préfecture. La représentante de l’État assure que la taille du campement sera donc réduite dès les prochains jours. Cela permettra aussi d'« éloigner d’une centaine de mètres les migrants de la rocade » et « également des habitations riveraines (…) afin de préserver la tranquillité des habitants ».

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Interrogé par l’AFP, le président de Salam, une association d’aide aux migrants, estime que « si ce dispositif est mis en place pour assurer la sécurité des migrants, des forces de l’ordre et des usagers (…), c’est une bonne chose ». Cependant Jean-Claude Lenoir ajoute qu’il aimerait voir les Anglais « assumer leur responsabilité, notamment en acceptant d’accueillir eux aussi des contingents de migrants ».

Situation sanitaire catastrophique et heurts fréquents

La situation sanitaire et humanitaire alarmante du camp de Calais a été plusieurs fois dénoncée, entre autres, par les ONG et associations, par le défenseur des Droits et par la commission nationale des droits de l’homme.

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Des heurts entre migrants et forces de l’ordre se sont produits à plusieurs reprises en novembre et décembre, principalement le long de la rocade bordant le camp et menant au port. Des biens de riverains ont aussi parfois été endommagés.