Nord: Le camp de migrants de Grande-Synthe ne sera pas pérennisé

SOCIÉTÉ Une nouvelle réunion de travail a eu lieu, lundi, autour de l’avenir du camp de migrants à Grande-Synthe…

Mikael Libert

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Une famille de Syriens dans le camp de Grande-Synthe en septembre 2015.
Une famille de Syriens dans le camp de Grande-Synthe en septembre 2015. — T.Camus/AP/SIPA

L’Etat ne veut pas d’un Calais-bis. Lundi, Etat, associations et élus se sont réunis pour évoquer la délocalisation du camp de migrants de Basroch, à Grande-Synthe, près de Dunkerque, dans le Nord. Si aucune solution définitive n’a été évoquée, l’Etat à, en revanche, réaffirmé sa volonté de ne pas voir apparaître de constructions pérennes.

Près de 2300 personnes

On ne parle du camp de Basroch que depuis quelques mois, même si, dans les faits, cela fait une dizaine d’années que celui-ci existe. Le problème, c’est que la population de cet endroit, situé aux confins de l’autoroute A16 et d’une zone commerciale, a augmenté de manière exponentielle à l’engorgement de la «Jungle» de Calais : de quelques centaines de migrants début 2015, la préfecture en dénombre aujourd’hui près de 2300.

Outre les conditions de vie désastreuses dans le camp, se pose aussi la question de la sécurité liée à la présence de passeurs. Dix-neuf passeurs présumés ont déjà été déférés devant la justice et près de 150 mesures d’éloignement de clandestins ont été prises depuis septembre.

«Perspective d’une fermeture du camp»

Mairie et associations souhaitent déplacer et stabiliser le camp afin de mieux pouvoir gérer l’urgence humanitaire. Un site est en cours d’expertise pour évaluer la faisabilité du projet. Cependant, l’Etat d’ores et déjà posé ses conditions : « L’aménagement humanitaire doit rester un aménagement d’urgence qui s’inscrive très clairement dans la perspective d’une fermeture du camp, et non d’une pérennisation de celui-ci » et l’endroit ne doit pas faciliter les trafics et la présence des passeurs. Des conditions qui vont à l’encontre de la volonté première du maire EELV de Grande-Synthe, Damien Carême, qui voulait un camp « en dur » avec des tentes chauffées.

Selon la préfecture, l’élu écologiste a finalement accepté de se plier aux conditions posées par l’Etat. La situation désastreuse des 2300 migrants vivant à Basroch pourrait donc bientôt se débloquer, pourvu que le terrain envisagé pour la délocalisation soit validé.