Elections régionales: Xavier Bertrand a beaucoup de travail devant lui

REGIONALES 2015 Après avoir mené une campagne très à droite, Xavier Bertrand doit pourtant son élection à la mobilisation de l'électorat de gauche...

G.D. avec AFP
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Dernier grand meeting de Xavier Bertrand pour les elections regionales Nord Pas de Calais Picardie a Valenciennes dans le nord. Le 10 decembre 2015. /ALCALAYSARAH_064920/Credit:SARAH ALCALAY/SIPA/1512110656
Dernier grand meeting de Xavier Bertrand pour les elections regionales Nord Pas de Calais Picardie a Valenciennes dans le nord. Le 10 decembre 2015. /ALCALAYSARAH_064920/Credit:SARAH ALCALAY/SIPA/1512110656 — SIPA

Xavier Bertrand revient de loin. Le député-maire (LR) de Saint-Quentin et ancien ministre de Nicolas Sarkozy, aura finalement réussi à renverser la tendance pour le second tour. La candidate du FN, Marine Le Pen, se voit ainsi infliger une nouvelle défaite dans la région.

Triomphe modeste

Dimanche soir, il a eu le triomphe modeste. « C’est pas ma victoire, c’est la victoire des gens du Nord et de la Picardie », a-t-il déclaré à Saint-Quentin. Fort de ses sept points d’avance au premier tour sur le candidat PS Pierre de Saintignon, cet homme de terrain de 50 ans n’aura pas laissé d’autre choix à la gauche que de se rallier à lui sans condition pour empêcher la prise par le FN de cette région.

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Comme la gauche, le maire de Saint-Quentin a pourtant pâti de l’implantation, jusqu’ici inexorable, du parti d’extrême droite (40,64 % au premier tour pour Marine Le Pen) dans toute la région. Jusqu’au 6 décembre, il rame. Parti très tôt en campagne en juin, Xavier Bertrand a beau enchaîner plusieurs réunions quotidiennes, il stagne entre 24 et 26 % et finira à 24,97 % au 1er tour. « Il ne décolle pas », entend-on alors.

Accusé de « courir derrière l’extrême droite »

Au premier tour, cet adversaire déclaré de la gauche mène une campagne très à droite, réclamant « un ministère de l’Autorité » (fusionnant police et justice) et la présence de l’armée à Calais pour « protéger » la population autochtone. Patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis l’accuse de « courir derrière l’extrême droite », excluant pratiquement tout retrait éventuel en sa faveur dans l’entre-deux tours.

Félicitations @xavierbertrand pour cette nette victoire dans un difficile combat #Autravail #electionsregionales
— François Fillon (@FrancoisFillon) 13 Décembre 2015

 

Pourfendant, dans le langage direct, presque familier, qui le caractérise, « la faillite » des « dirigeants socialistes » responsables à ses yeux de « la colère et la misère sociale », Xavier Bertrand fait campagne avec le slogan « Notre région au travail », censé dynamiser des territoires minés par le chômage. « Sécurité » et « proximité » complètent le triptyque.

« Seule alternative » à Marine Le Pen -

Ignorant M. de Saintignon, peu connu du grand public, Xavier Bertrand se présente comme « la seule alternative » à Marine Le Pen, excluant catégoriquement de s’effacer derrière la gauche au soir du premier tour. Les sondages alimentent sa rhétorique.

La première étape franchie, c’est un autre Xavier Bertrand, plus rassembleur, qui entre en scène pour le second tour : il annonce qu’il consultera les parlementaires (donc la gauche) sur les grands dossiers régionaux, salue le retrait « digne et responsable » de Pierre de Saintignon, s’affiche avec Jean-Louis Borloo, se présente comme « un gaulliste social » dans sa profession de foi.