Lille: Bea Johnson explique comment vivre sans produire de déchets

ECONOMIE La « prêtresse de la vie sans déchets », Bea Johnson, a commencé sa tournée de conférence par la métropole lilloise…

G.D. avec AFP

— 

La Franco-américaine Bea Johnson
La Franco-américaine Bea Johnson — AFP

Elle a décidé d’adopter un comportement tendant vers le « zéro déchet » et de militer pour une « vie basée sur l’être et non l’avoir ». Un bocal de 183 grammes : voilà dans quoi tiennent les déchets produits en une année par la Franco-américaine Béa Johnson et sa famille.

Eliminer la poubelle du quotidien

Cette « prêtresse de la vie sans déchets », selon le New York Times, multiplie les conférences dans le monde lors desquelles elle détaille la manière dont les Johnson ont éliminé la poubelle de leur quotidien. Elle était invitée récemment par le magasin Saveurs & Saisons de Villeneuve d’Ascq pour distiller les bons conseils.

 

Son bocal est de tous ses déplacements : « c’est mon meilleur argumentaire, il parle de lui-même ! », s’exclame auprès de l’AFP cette blonde longiligne, mère de deux garçons, de passage à Lille où elle entame sa tournée hexagonale.

Adepte des achats en vrac

Ce contenant d’un demi-litre matérialise son mantra : « refuser, réduire, réutiliser, recycler et composter ». Dans son bocal, ne reste alors plus que ses « déchets ultimes » : pêle-mêle bouts de sparadra, étiquettes de fruits ou résidus de plastiques d’objets divers.

Adepte absolue des magasins en vrac, elle fait ses courses équipée de sacs en toile et de bocaux en verre, pour acheter viande, lait et autres légumes frais sans emballage. « Chacun peut trouver du vrac près de chez soi », avance celle qui vit depuis plus de 10 ans près de San Francisco, mais dont l’accent chantant trahit ses racines avignonnaises.


Béa Johnson à Lille et Roubaix par GrandLilleTv

 

Environ 40 % d’économies

Autre argument ? Le portefeuille : son foyer réalise environ 40 % d’économies depuis que toute la famille a adopté ce mode de vie. Car il ne se résume pas à la nourriture : toute sa garde-robe tient en une seule valise. « Notre quotidien ne consiste pas seulement à jeter le moins possible. C’est toute une philosophie de vie que nous adoptons en possédant le strict minimum ».

Une posture bien délicate à adopter aux Etats-Unis où la consommation est souvent érigée en principe et la possession comme signe ostentatoire de richesse.

Pouvoir du consommateur

Bien qu’elle récuse le terme « politique », elle inscrit son combat dans une vision « décroissante » où l’on « vivrait mieux, avec moins » : « tout le monde peut faire changer les choses, même le simple citoyen ».

De fait, elle croit dur comme fer au pouvoir du consommateur pour responsabiliser les industriels en les incitant à favoriser les bonnes pratiques, moins polluantes et plus vertueuses concernant les déchets. Utopiste ? Peut-être. Avant-gardiste, sûrement.