Hénin-Beaumont: Entre le FN et le Secours populaire, la polémique n'en finit plus

POLITIQUE La polémique entre la mairie frontiste d’Hénin-Beaumont et le Secours populaire autour du marché de Noël reprend sur fond de règlement de compte avec «La Voix du Nord»…

Mikaël Libert

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Steeve Briois (FN), maire d'Hénin-Beaumont, et son adjoint Bruno Bilde (G).
Steeve Briois (FN), maire d'Hénin-Beaumont, et son adjoint Bruno Bilde (G). — M.Libert / 20 Minutes

De l’huile sur le feu. Début novembre, le comité héninois du Secours populaire s’était vu signifier le refus, par la mairie FN, d’obtenir une place sous la tente des associations du marché de Noël de la ville. La polémique était montée après plusieurs articles de presse, et notamment de nos confrères de la Voix du Nord.

« Cette affaire date de trois semaines, je m’étonne que vous nous contactiez aujourd’hui », a répondu à 20 Minutes ce mercredi Bruno Bilde, adjoint au maire d’Hénin-Beaumont. Pour l’élu frontiste, il n’y a rien de neuf sous le soleil, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Dans le journal municipal du mois de décembre, paru le 30 novembre, une page entière est consacrée à la bisbille entre la mairie et le Secours populaire.

« Droit de réponse »

Le billet, intitulé « Secours populaire : la vérité sur la polémique », est qualifié de « droit de réponse ». Un droit de réponse adressé directement à La Voix du Nord, accusée d’être « avide de polémiques stériles » et de « vouloir faire le buzz ».

Pourtant, bien d’autres médias s’étaient fait l’écho de cette affaire, notamment 20 Minutes, RTL ou encore MétroNews. Alors s’agit-il d’un « règlement de comptes » après la prise de position de La Voix du Nord contre la candidature de Marine le Pen aux régionales ? Sans doute pas, puisque le journal municipal est paru le même jour.

Mélange des genres

Quoi qu’il en soit, le « droit de réponse » a réveillé l’amertume de Dorothée Fizazi, la présidente du Secours populaire d’Hénin. « Ils n’ont pas à se servir du journal municipal pour régler leurs comptes », fulmine la bénévole, qui est aussi adhérente au Parti communiste. Car c’est là qu’est le fond du problème : la mairie reproche à la présidente un mélange des genres entre son engagement politique et son travail au sein de l’association. « Totalement faux », rétorque Dorothée Fizazi, qui affirme inviter le maire, Steeve Briois, à chaque manifestation du Secours populaire.

L’affaire devrait en rester là. Faute de pouvoir payer un avocat, le Secours populaire d’Hénin a renoncé à poursuivre la mairie devant le tribunal administratif. De son côté, la mairie a promis que l’association aurait une place sur le marché de Noël l’année prochaine.