L'«armée mexicaine» des pompiers du Nord a trouvé du renfort

SOCIAL Les soldats du feu du Nord vont défiler, jeudi, avec d’autres fonctionnaires du département…

Mikael Libert

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La manifestation des pompiers, prévue le 3 décembre, est maintenue.
La manifestation des pompiers, prévue le 3 décembre, est maintenue. — M.Libert/20 Minutes

« On s’autorise à manifester ». La mobilisation des pompiers, ce jeudi à Lille, est prévue de longue date et se fera quoi qu’il arrive. En guerre ouverte avec leur principal financeur, le conseil départemental, les soldats du feu ont trouvé du renfort du côté d’autres fonctionnaires pour aller battre le pavé lillois.

La fameuse armée mexicaine

En septembre, à peine arrivé à la tête du département, Jean-René Lecerf (LR) s’était attelé à réaliser des économies pour renflouer les finances exsangues du Nord. Il avait alors dénoncé le fonctionnement du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), allant même jusqu’à qualifier les pompiers d'« armée mexicaine ». Une petite phrase qui n’avait pas plu aux personnes visées.

Joëlle Wilmotte, maire d’Haumont et président du SDIS, avait élaboré une feuille de route, intitulée « Challenge 2016 » pour présenter les pistes d’économies à réaliser chez les pompiers. Malgré la récente démission de Joël Wilmotte, le Département entend maintenir le cap.


« L’armée mexicaine » des pompiers du Nord… par 20Minutes

Fonctionnement à flux tendu

« Certes, le montant des économies à faire a été revu à la baisse, autour de 4,5 millions d’euros, explique Marc Defauwe de la CGT pompiers. Mais nous fonctionnons déjà depuis des années en flux tendu, tant en termes de personnel que de moyens. On ne veut pas de diminution du budget ».

Car, selon les syndicats, les secteurs où le Département peut espérer gratter un peu ne sont pas légion : « La seule chose sur laquelle ils peuvent jouer, c’est sur le temps d’intervention », affirment-ils. En effet, en allongeant à 20 minutes (au lieu de 15) le temps d’intervention, le Conseil départemental va pouvoir « rationaliser » les moyens en fermant, par exemple, des casernes jugées trop proches les unes des autres.

« La sécurité de nos concitoyens a un coût »

« La sécurité de nos concitoyens a un coût, inévitablement, poursuit Marc Defauwe. Cela fait des années que droite et gauche votent notre budget à l’unanimité. Et aujourd’hui, Jean-René Lecerf fait mine de découvrir que ça coûte de l’argent », se désole-t-il.

« Aujourd’hui, nous sommes les derniers à répondre aux sollicitations des gens. Si ça continue dans ce sens, demain, nous ne serons plus en mesure de le faire », regrette le capitaine des pompiers Jean-Charles Quevillon.

Et pour montrer qu’ils sont loin d’être les seuls à râler, les pompiers ont convié à leur manifestation lilloise de jeudi bien d’autres fonctionnaires : « Il y aura les agents du Département, de la santé et sans doute aussi les surveillants pénitentiaires et les policiers », déclare l’intersyndicale.