LOSC: Réglo, meneur et grand bosseur: Frédéric Antonetti raconté par ses anciens joueurs

FOOTBALL Le nouvel entraîneur du LOSC n'a laissé personne indifférent partout où il est passé...

Francois Launay

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Frédéric Antonetti, le nouvel entraîneur du LOSC
Frédéric Antonetti, le nouvel entraîneur du LOSC — Thomas Bregardis AFP

Quand on parle de Frédéric Antonetti avec ses anciens joueurs, il y a ceux (rares) qui préfèrent esquiver le sujet et d’autres (plus nombreux) qui se délectent encore de leur passage sous les ordres du nouvel entraîneur du LOSC. De Bastia (1994-1998 puis 1999-2001) à Rennes (2009-2013) en passant par Saint-Etienne (2001-2004) et Nice (2004-2009), le technicien de 54 ans a 509 matchs de Ligue 1 et plus de 20 ans d’expérience au compteur. De quoi marquer les esprits dans le foot français.

Wilfried Gohel, attaquant de Bastia de 1996 à 1998 : « C’est un Monsieur qu’on n’oublie pas. Soit parce qu’on en a pris plein la gueule, soit parce que c’était top. Il ne triche pas. On peut être très copain et tout faire ensemble à partir du moment où tu n’as rien à te reprocher sur le terrain. Mais Il pouvait aussi nous en mettre plein la gueule quand on faisait une connerie mais après il nous expliquait toujours pourquoi ensuite. Il n’a pas de rancune.

Je me souviens de ses causeries quand on jouait la coupe UEFA en 1997. Ça me hérissait les poils. Et puis, il connaissait tout sur notre adversaire avant de le jouer. On savait quand il allait pisser, quand il mangeait, on savait tout. Alors quand tu sortais sur le terrain après ça, s’il y avait dix mecs en face qui m’insultaient, je pouvais aller leur taper sur la gueule. On n’avait peur de personne. C’est un grand meneur d’hommes. »

Jérémie Janot, gardien de Saint-Etienne de 1997 à 2012. « C’est un homme franc et droit. Il tient toujours ses paroles. D’ailleurs, il nous disait souvent : "Je fais toujours ce que je dis". Et c’était vrai. Il a toujours été réglo. C’est l’image qu’il a laissée partout. Il est proche de ses joueurs tout en étant dur et exigeant aussi bien avec nous qu’avec lui. C’est quelqu’un d’humain avec qui on pouvait discuter.

Par contre, il faut gagner sa crédibilité en étant travailleur et performant. Il est intransigeant là-dessus. C’est vrai qu’il peut se mettre en colère mais il ne joue pas un rôle. Il ne pète pas des plombs pour péter des plombs. Il dit les choses en face »

Olivier Echouafni, milieu de terrain de Nice de 2003 à 2010 : « C’est un passionné. Il respire le foot. Il a le souci du moindre détail. L’image de sanguin qu’on lui donne prête un peu à confusion. Oui, c’est un sanguin mais il est surtout attachant. Et aujourd’hui, il s’est beaucoup calmé par rapport à ça. Je pense que si je l’avais connu plus tôt, j’aurais fait une autre carrière. Il m’a appris beaucoup sur mon positionnement. Sa référence, c’est la Ligue des champions.

Ses équipes ont du caractère, un peu comme lui d’ailleurs. Ça veut dire par exemple ne pas se faire marcher dessus. Il apporte beaucoup d’envie dans un groupe. Il vit son métier à 200 %. Il bosse énormément. Je me rappelle qu’il avait dit une fois, au vu de son investissement au quotidien, que "l’entraîneur devait être la personne la mieux payée dans un club". »

Tongo Doumbia, milieu de terrain de Rennes de 2009 à 2012: « C’est un personnage et un très bon coach, celui qui m’a le plus marqué depuis le début de ma carrière. L’image de celui qui crie sur le bord du terrain ne reflète pas la réalité de tous les jours. Le jour du match, il peut être énervé mais le reste du temps, ce n’est pas quelqu’un de colérique. C’est quelqu’un de réglo. Quand il dit, il fait. Avec moi qui débutais en Ligue 1, il était très attentif. Il m’expliquait les facettes du monde professionnel et me donnait beaucoup de conseils. Malgré les hauts et les bas que j’ai pu avoir avec lui, c’est l’entraîneur qui m’a fait le plus progresser. Lille a de la chance de l’avoir »