Etat d'urgence: Pourquoi la préfecture du Nord interdit la vente d'alcool à emporter

INSOLITE Le préfet du Nord souhaite limiter les interventions des forces de l'ordre dans un contexte déjà tendu depuis les attentats à Paris...

Olivier Aballain

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Illustration d'un magasin Carrefour City, ici à Lyon.
Illustration d'un magasin Carrefour City, ici à Lyon. — C. Villemain / 20 Minutes

L’alcool, c’est mauvais. Et encore pire pendant l’état d’urgence mis en place après les attentats à Paris. Jusqu’au 26 février, la préfecture du Nord a décidé d’interdire la vente d’alcool à emporter dès 20h, dans tout le département.

L’arrêté pris en ce sens agace les supérettes qui sont déjà soumises, à Lille, à pareille interdiction à partir de 22h. « Je ne vois vraiment pas le rapport avec les attentats », critique le gérant d’un Carrefour City lillois.

Liste des méfaits de l’alcool

Cependant un arrêté préfectoral se doit toujours d’être parfaitement motivé. En l’occurrence, le préfet souhaite limiter la dispersion des forces de l’ordre, à la suite d’interventions provoquées par les effets délétères de l’alcool.

L’arrêté liste donc tous les travers dus à la vente d’alcool à emporter. Cela va de la « levée des inhibitions » qui « facilite les comportements agressifs et violents », à l’augmentation de l’accidentalité routière, en passant par le fait que tout contenant en verre peut se transformer en « arme par destination ».

Arrêté préfectoral interdisant la vente d’alcool publié par oaballain

Un inventaire criant de vérité, mais qui est surtout potentiellement valable tout le temps, et pas seulement en période d’état d’urgence. « Pourquoi s’en prendre à nous ? On va donc pénaliser les gens qui sont déjà terrorisés par le climat actuel, poursuit le gérant de Carrefour City. On interdit aux gens qui bossent de passer à la supérette en rentrant pour s’ouvrir une bouteille le soir, par exemple ».

L’aspect économique n’est pas anodin non plus, puisque l’alcool peut représenter « entre 30 et 50 % » des ventes après 20h. Pendant qu’un autre gérant se demande si « le texte sera respecté par tous », certains internautes ont déjà tweeté leur scepticisme.

On peut surtout se demander si les forces de l’ordre seront en capacité de faire respecter l’arrêté, alors qu’elles seront justement mobilisées ailleurs