Calais: L'Etat obligé d'aménager la Jungle sous huit jours

MIGRANTS Le Conseil d’Etat a rejeté le recours du ministère de l’Intérieur, obligeant ainsi l’Etat à effectuer des travaux dans le camp de migrants calaisien…

M.L. avec AFP

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Le Conseil d’État a jugé que les conditions de vie dans la Jungle exposent les migrants à des «traitements inhumains et dégradants».
Le Conseil d’État a jugé que les conditions de vie dans la Jungle exposent les migrants à des «traitements inhumains et dégradants». — SIPA

La Jungle va être aménagée. Ce lundi, le Conseil d’Etat a rejeté le recours du ministère de l’intérieur concernant l’obligation d’aménager la Jungle de Calais. L’Etat va devoir effectuer des travaux pour améliorer les conditions de vie des migrants dans ce bidonville qui abrite plus de 4500 personnes.

« Traitements inhumains ou dégradants »

Estimant que les conditions de vie dans ce bidonville « étaient bien de nature à exposer les migrants (…) à des traitements inhumains ou dégradants », le juge des référés du Conseil d’État a rejeté l’appel formé par le ministre de l’Intérieur contre la condamnation prononcée le 2 novembre par le tribunal administratif de Lille.

Saisi par Médecins du monde et le Secours catholique-Caritas, le tribunal administratif de Lille avait alors ordonné à l’État de réaliser divers aménagements sanitaires (douches, latrines…) au sein de la « Jungle » de Calais.

Travaux « sous huit jours »

Tout en relevant que « l’urgence était bien caractérisée », le Conseil d’État a ainsi confirmé la condamnation des pouvoirs publics à « commencer à mettre en place dans les huit jours des points d’eau, des toilettes et des dispositifs de collecte des ordures supplémentaires, de procéder à un nettoyage du site, et de créer des accès pour les services d’urgence ».

Le juge a dans le même temps rejeté les demandes des associations qui avaient formé un appel pour obtenir satisfaction sur les points laissés de côté par le tribunal administratif lillois. En matière d’accès à la procédure d’asile notamment, il a estimé « qu’aucune carence caractérisée ne pouvait être reprochée à l’État ».