Menace d'attentat: La vie quotidienne tourne au ralenti à Bruxelles

REPORTAGE Pour la troisième journée consécutive, le niveau d’alerte maximal est appliqué à Bruxelles où les écoles et les transports en commun sont fermés…

Gilles Durand

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La Grand-place de Bruxelles étrangement vide.
La Grand-place de Bruxelles étrangement vide. — G. Durand / 20 Minutes

De notre envoyé spécial à Bruxelles

Bruxelles est sous haute surveillance. En ce lundi matin, la capitale belge continue à tourner au ralenti. Pour la troisième journée consécutive, le niveau d’alerte est au maximum. Si les contrôles d’identités se sont assouplis à la gare de Bruxelles Midi, la présence sporadique de policiers témoigne de la tension dans la capitale belge.

Cinq perquisitions supplémentaires

Le parquet fédéral a annoncé ce lundi matin que cinq perquisitions supplémentaires avaient eu lieu en région bruxelloise, et deux en région liégeoise. Ces opérations anti terroristes ont permis d’interpeller cinq personnes. Mais Salah Abdeslam, soupçonné d’avoir participé aux attentats à paris, le 13 novembre, reste introuvable.

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Moins de patrouille de police

« On voit moins de policiers patrouiller que ce week-end, mais c’est une drôle d’ambiance », souligne le gérant d’une supérette, non loin du Palais de justice. Lui a décidé de rester ouvert, mais le Salon des antiquités, qui devait se tenir cette semaine, sur la place en face, a été annulé.

« On leur a demandé de remballer. Le gouvernement veut surtout éviter les rassemblements », poursuit-il.

 

Dans le quartier, tout est désert. « On dirait un jour après le réveillon de Noël, témoigne le patron d’un bar qui est finalement resté fermé. La moitié de mes employés avaient peur. Les autres avaient des difficultés pour venir. »

Une Grand-Place déserte

Les magasins et cafés autour de la grand-Place de Bruxelles font le même constat. « Il y a environ 50 % de clients en moins », témoigne la patronne d’un petit salon de thé. Elle s’inquiète surtout de savoir comment elle va faire garder sa fille, mardi, si l’école est encore fermée. « Aujourd’hui, c’est ma belle-mère, mais demain… »

Ecoles et crèches sont fermées jusqu’à nouvel ordre. Deux par deux, des militaires font le planton devant les administrations les plus sensibles. « On vient d’Anvers et on ne sait pas combien de temps on va rester là », indique un soldat néerlandophone. Pour tuer l’ennui, il accepte de faire un selfie avec un touriste.

 

« L’ambiance est moins pesante »

« L’ambiance est moins pesante que samedi, explique un Bruxellois, sur le pas de sa porte. Aujourd’hui, il y a davantage de voitures qui circulent ». Si le métro est fermé, certains trams et bus fonctionnent. Parfois avec difficulté. « Je viens d’avoir un message me signalant que le trajet pour aller à Braine-l'Alleud est dévié, explique un conducteur. Il se passe peut-être quelque chose dans le secteur que je devais traverser ».

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Moins de monde dans le train

André est chauffeur taxi. La fermeture partielle des transports en commun ne lui permet même pas de faire marcher le business. A la sortie de la gar(e Bruxelle Midi, il attend le client. « Il n’y a personne », regrette-t-il. Le train entre Londres et Bruxelles, via Lille, accueille moins de voyageurs que d’habitude. « Une centaine de personnes en moins », précise le contrôleur.

Au loin, les sirènes d’ambulance résonnent parfois, mais le calme règne. Un groupe de touristes espagnols participe à une visite guidée. « C’est tellement plus agréable car c’est très calme, avoue la guide. Mais il ne faudrait pas que ça dure. »