Attentats à Paris: Un Lillois menace de «tout faire péter» et prend deux mois de prison

JUSTICE Un Nordiste comparaissait, mardi, devant le tribunal de Lille pour apologie d’un acte de terrorisme…

Mikael Libert

— 

Un Lillois condamné à deux mois de prison pour apologie du terrorisme.
Un Lillois condamné à deux mois de prison pour apologie du terrorisme. — M.Libert/20 Minutes

Des « paroles malheureuses ». Mardi, le tribunal correctionnel de Lille jugeait, en comparution immédiate, un homme accusé d’avoir fait l’apologie d’un acte de terrorisme, deux jours après les attentats de Paris. Le mis en cause a été condamné à deux mois de prison ferme.

« Je vais tout faire péter »

Les faits se sont déroulés dimanche, à Lille. Karim Jonville-Landry, un Lillois de 39 ans, a été contrôlé par une patrouille de police aux abords de la gare Lille-Flandres. L’homme, alcoolisé, a estimé que le contrôle était injuste et le ton était monté.

Aux policiers, Karim a dit : « Je vais tout faire péter », avant d'ajouter que « François Hollande n’aurait pas dû bombarder la Syrie ». Interpellé, le mis en cause a été renvoyé devant le tribunal correctionnel en comparution immédiate pour « apologie publique d’un acte de terrorisme » et « menace réitérée de destruction dangereuse pour les personnes ».

« Paroles malheureuses »

A l’audience, son avocat, Mustapha Khiter, en a appelé « à la responsabilité du tribunal » pour faire la « différence entre l’apologie du terrorisme et des paroles malheureuses prononcées sous l’effet de l’alcool et d’un sentiment d’injustice ». A la barre, le prévenu s’est excusé et, selon son conseil, insisté sur le fait qu’il n’y avait aucune volonté de « glorification » des attentats de Paris.

Compte tenu du contexte particulièrement tendu et du passé judiciaire de l’accusé, l’avocat général a réclamé quatre mois de prison ferme. La présidente du tribunal a coupé la poire en deux et condamné Karim à deux mois fermes sans mandat de dépôt.

« La décision du tribunal a été mesurée », estime Me Khiter qui se satisfait que son client puisse bénéficier d’un aménagement de peine et, ainsi, éviter la case prison.