Attentats de Paris: Après les perquisitions, le tribunal de Lille

JUSTICE Les avocats Lillois vont être très attentifs aux suites judiciaires des perquisitions menées sous le régime de l’état d’urgence…

Mikaël Libert

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Illustration justice - Un avocat plaide au tribunal
Illustration justice - Un avocat plaide au tribunal — M.LIBERT/20MINUTES

Après l’action policière, la réponse judiciaire. L’état d’urgence, décrété suite aux attentats de Paris, laisse plus de liberté de mouvements aux policiers. Près de 300 perquisitions administratives ont été menées en deux jours sur le territoire national, débouchant sur une trentaine de gardes à vue. Au tribunal de Lille on se tient prêts : pas question, pour les avocats, que l’état d’urgence n’affecte les droits de leurs clients.

« Les mêmes garanties que pour les voleurs de poules »

Ainsi Vincent Potié, le bâtonnier de l’ordre des avocats à Lille, prévient : « Devant la justice, il y aura pour ces dossiers les mêmes garanties que pour les voleurs de poules ». Alors certes, Arnaud Boutelier, l’un des responsables du syndicat de policiers Alliance en Nord-Pas-de-Calais, reconnaît volontiers que le travail des forces de l’ordre est facilité par le régime d’exception de l’état d’urgence : « Les opérations peuvent être menées n’importe quand et les gardes à vue, dans le cadre d’une action antiterroriste, peuvent durer jusqu’à 96h ».

Mais pour Me Potié, il s’agit de ne pas céder à la « pression » : « Si un dossier arrive complètement carencé avec aucune preuve et qu’on demande de cogner comme des sourds, on s’expliquera devant la juridiction ».

« Un état de fait provisoire »

Pour autant, tout le monde essaie de tirer dans le même sens. Côté police, Alliance estime que les mesures liées à l’état d’urgence pourraient aussi permettre de « faire avancer » des affaires en cours, bloquées faute de moyens.

Et sur le principe, le bâtonnier des avocats n’y voit rien de répréhensible : « C’est un état de fait provisoire, indispensable pour l’équilibre de la République ». Mais là aussi, il avertit : « Nous serons particulièrement vigilants. Si le moindre abus est trouvé, on s’empressera de le crier haut et fort ».