Attentats à Paris: A Molenbeek, un imam dénonce « des prédicateurs qui viennent des pays du Golfe »

TERRORISME Le responsable du Conseil consultatif des lieux de cultes de Molenbeek souhaite que les autorités belges mettent davantage leur nez dans les mosquées...

Gilles Durand

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Jamal Habbachich, responsabled u Conseil consultatif des lieux de culte à Molenbeek.
Jamal Habbachich, responsabled u Conseil consultatif des lieux de culte à Molenbeek. — G. Durand / 20 Minutes

De notre envoyé spécial en Belgique

Un kamikaze identifié, son frère en fuite et deux hommes mis en examen pour terrorisme. Tous ces participants habitaient Molenbeek, en Belgique. Depuis samedi, cette commune de la banlieue ouest de Bruxelles tient un triste rôle dans l’affaire des attentats à Paris.

D’autant qu’à la précédente liste, on peut ajouter Mehdi Nemmouche, accusé de l’attentat du Musée juif de Bruxelles en 2014 et le tireur du Thalys, arrêté en août 2015.

« On sait qu’il y a des filières »

La liste commence à être longue et inquiète aussi Sarah Turine, 2e échevin (adjointe) chargée de la Jeunesse et de la Cohésion sociale. « On sait qu’il y a des filières, heureusement une très faible minorité des gens de Molenbeek sont en lien avec ses filières », souligne-t-elle sur Télé Bruxelles.

Mais comment ce noyau radical a-t-il pu se former ? « Les causes sont multiples, mais on a trop longtemps laissé s’implanter le wahhabisme et le salafisme par le biais des relations avec l’Arabie Saoudite », avoue l’élue.

 

Des courants qui transitent par ces mosquées

Un argument repris par Jamal Habbachich, responsable du Conseil consultatif des lieux de cultes à Molenbeek. Une instance créée par la commune qui compte 22 mosquées, dont 16 font partie de ce conseil. « Le problème, ce n’est pas les moquées, mais les courants qui transitent dans ces mosquées, diffusés par des gens de passage », précise-t-il.

Lui-même imam d’une mosquée regrette que « ces prédicateurs, qui viennent souvent des pays du Golfe, obtiennent facilement des visas ». Selon lui, la faute en revient aux politiques : « Ils trouvent les contrats juteux plus intéressants que les pauvres musulmans qui vivent ici ».

« Il ne faut pas intoxiquer la liberté »

L’homme dénonce enfin « les salles de prières qui s’ouvrent sans aucun contrôle, au nom de la liberté ». « La liberté est une valeur chère, il ne faut pas l’intoxiquer », justifie Jamal Habbachich qui réclame que tous ses confrères soient « formés pour enseigner dans un contexte européen ».