Attentats à Paris: «On a laissé des groupuscules étrangers entrer dans les mosquées de Molenbeek»

ATTENTATS A PARIS Un responsable d'une association de la communauté marocaine de Bruxelles dénonce le laxisme des autorités belges concernant la radicalisation des mosquées...

Propos recueillis par Gilles Durand

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Khalil Zeguendi, président de l'association Le Maroxellois.
Khalil Zeguendi, président de l'association Le Maroxellois. — G. Durand / 20 Minutes

De notre envoyé spécial en Belgique

Khalil Zeguendi est très en colère. Président de l’association Lemaroxellois, contraction de Maroc et Bruxellois, ce Bruxellois dénonce ouvertement la radicalisation des esprits, notamment à Molenbeek. Depuis les attentats à Paris, cette commune de la banlieue de Bruxelles est montrée du doigt comme une plaque tournante du fondamentalisme religieux.

Comment vous vivez le fait que Molenbeek soit présentée comme un foyer de fondamentalistes ?

Avec beaucoup de rage, de révolte et d’incompréhension. C’est la conséquence des ratés multiples de la classe politique en Belgique. On a laissé entrer des groupuscules étrangers dans les mosquées sans réagir. Il y a d’abord eu la phase de radicalisation des esprits pendant des années. Désormais, les recruteurs, qui sont des professionnels, n’ont plus qu’à se baisser pour récupérer des jeunes prêts au djihad.

Que faut-il faire ?

Il va falloir contrôler certaines mosquées. La mosquée Alkhalil, par exemple, est dirigée par les Frères Musulmans. On y prêche le fondamentalisme religieux. Et l’ancien bourgmestre de Molenbeek, Philippe Moureaux, s’était lié d’amitié avec ces gens-là par opportunisme électoral. Il faut surveiller les entrées et sorties. Ce ne sont pas les responsables des mosquées qui sont en cause. mais des professionnels du discours qui s’immiscent. Rendez-vous compte que certains donnent des cours aux enfants, sans aucun contrôle !

Est-ce que Molenbeek est un foyer de terroristes ?

Bien sûr que non. Les fondamentalistes sont ultra-minoritaires, mais ils sont dangereux. Je vis depuis 45 ans en Belgique. Depuis toujours, on refuse d’appeler un chat, un chat. J’espère que le choc de l’attentat à Paris va faire prendre conscience aux politiques belges qui, pour l’instant, se rejettent la «balle».