Attentats à Paris: La campagne des élections régionales mise en berne

POLITIQUE Les attaques terroristes ont incité la plupart des candidats à suspendre leur campagne électorale pour les régionales…  

Gilles Durand

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Illustration de la campagne électrorale en berne.
Illustration de la campagne électrorale en berne. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Ils n’ont plus le cœur à ça. La plupart des têtes de liste aux élections régionales, qui doivent avoir lieu les 6 et 13 décembre, ont décidé de suspendre leur campagne, au moins pour le week-end, après les attentats qui ont eu lieu à Paris, vendredi soir.

Report de l’élection ?

Certains candidats ont même évoqué l’idée de reporter les dates du scrutin, mais l’exécutif ne le souhaite visiblement pas « pour ne pas donner l’impression de céder au terrorisme ». La situation dans les jours à venir décidera de cet éventuel report.

 

Hommages aux victimes

Dans toutes les régions, via twitter, les mêmes hommages aux victimes s’accompagnait de cette décision similaire de stopper momentanément les opérations de tractages ou de réunions publiques.

Ce n’est pas le cas pour les candidats de l’Union populaire républicaine (UPR) qui rend hommage en continuant à faire campagne. Le bureau national du parti anti-européen estime « qu’aucun attentat de quelque nature que ce soit ne saurait suspendre le cours d’une campagne électorale nationale ». En Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, le chef de file (LR) Dominique Reynié a choisi également de tenir sa réunion publique, ce samedi.

« Vous voyez où est le danger ? »

Dans la même région, son adversaire (FN) Louis Aliot fut l’un des rares au niveau national à critiquer ouvertement le gouvernement avec un tweet rageur : « Monsieur Valls, vous voyez où est le danger ? Le vrai ! Irresponsable ! ».

Une voix discordante dans le concert des appels à l’unité nationale. « Elle doit prévaloir sur toute autre considération », souligne, par exemple, Jean-Jack Queyranne, président de la région Rhône-Alpes.

Des voix plus radicales

Dans un autre registre, Lutte ouvrière (LO) s’est refusé à montrer une solidarité avec « l’Etat français », qui a « une large part de responsabilité dans les guerres qui ensanglantent aujourd’hui le Moyen-Orient », selon sa porte-parole Nathalie Arthaud.

A l’autre bout du spectre politique, certains ont réclamé des mesures radicales. « Le fondamentalisme islamiste doit être anéanti, les mosquées radicales doivent être fermées, les imams radicaux expulsés », demande Marine le Pen, tête de Liste (FN) dans le Nord-Pas-de-Calais/Picardie.

Christian Estrosi, tête de liste (LR) en PACA souhaite, de son côté, « l’assignation à résidence des personnes fichées » par le ministère de l’Intérieur.