Lille: Alstom menacé de (grosses) pénalités pour les retards du métro

TRANSPORTS Alstom pourrait se voir réclamer jusqu'à 50 millions d'euros à cause des deux ans de retard du chantier du métro lillois...

Olivier Aballain

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Le chantier d'aménagement des stations du métro lillois
Le chantier d'aménagement des stations du métro lillois — O. Aballain

Coup de pression sur Alstom. L’entreprise, principale opératrice du chantier de doublement de la ligne 1 du métro lillois, se voit menacée de pénalités par la métropole européenne de Lille (MEL).

Dans un entretien à La Voix du Nord, le vice-président de la MEL, Gérald Darmanin, rappelle que l’institution peut réclamer des indemnités atteignant 53,3 millions d’euros, à cause du retard de deux ans accumulé sur le chantier.

« Un chantier à 620 millions d’euros »

Le constructeur de matériel ferroviaire s’était taillé la part du lion en 2012, en décrochant, pour 266,4 millions d’euros, la fabrication et la mise en service des nouvelles rames de 52m de long. Le nouveau matériel, deux fois plus long que l’existant, devait rouler à partir de 2016. Las, depuis le printemps 2015 on sait officiellement que rien ne sera prêt avant 2018.

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En mars pourtant, Gérald Darmanin restait grand prince : « Sur un chantier à 620 millions d’euros (coût total du chantier de doublement), ce type de délai est compréhensible » indiquait l’élu tourquennois à 20 Minutes.

Gérald Darmanin a changé d’avis

Six mois plus tard, le vice-président a visiblement changé de quai. Gérald Darmanin impute à Alstom une partie du délai accumulé, en évoquant notamment un retard de 20 mois pour la livraison du nouveau pilotage automatique. Et il assure maintenant que ce délai aura un effet sur les finances de la métropole.

De son côté, l’entreprise rappelle que les causes du retard sont à chercher parmi 15 entreprises présentes sur le chantier, et que le client lui-même (la MEL) n’est pas exempt de responsabilité sur certains « paramètres ».

Le montant maximum des pénalités exigibles est fixé à 20 % du coût du marché. Mais Alstom, qui a déjà fait face avec succès à un recours intenté par son concurrent Siemens sur l’attribution du marché lillois, ne se laissera sûrement pas faire.