Lille: Une agression en famille au tribunal

JUSTICE Ils n’ont pas supporté d’attendre quelques secondes au volant de leur voiture…

Mikaël Libert

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Illustration justice.
Illustration justice. — M.LIBERT/20 MINUTES

Une histoire « consternante » de l’avis même du procureur. Ce vendredi, Un père et son fils comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Lille pour avoir frappé un automobiliste handicapé pour un motif complètement futile. Un « road-rage » à la française.

La partie civile dans ce dossier, c’est Nicolas Paupelain, 35 ans, sourd et président du comité départemental handisport. Le 1er octobre, au volant de sa voiture, Nicolas était en route pour aller faire ses courses à Auchan Roncq, près de Tourcoing. A un carrefour, alors qu’il était prioritaire, il a néanmoins laissé passer « par courtoisie » un véhicule qui était déjà engagé. « Je me suis arrêté quelques secondes à peine », explique Nicolas à la barre.

Quelques secondes de trop

Mais, pour les occupants de la voiture derrière lui, ces quelques secondes étaient de trop. Djilali et Nassim Rebib, père et fils, ont suivi Nicolas jusque sur le parking d’Auchan pour lui demander des comptes. Des coups ont été échangés et Nicolas s’est retrouvé à l’hôpital avec des blessures au visage et trois jours d’interruption totale de travail (itt).

Agressif, Djilali justifie son geste à la présidente du tribunal en disant : « Il avait la priorité, il devait pas s’arrêter. Si on connaît pas le code de la route, on ne roule pas ». « Mais vous n’êtes pas de la police de la route, tonne la magistrate. Votre réaction est complètement démesurée, on ne règle pas ses comptes comme un cow-boy », fulmine-t-elle.

« Expédition punitive »

Pour l’avocate de Nicolas, maître Stienn, « c’est une expédition punitive ». Et les faits sont d’autant plus graves que les mis en cause « ne pouvaient pas ignorer que « leur victime était porteuse d’un handicap ». « Le plus jeune m’a frappé à l’oreille où je porte un appareil », a confié Nicolas avant l’audience.

« Toute cette violence pour une simple priorité cédée, c’est consternant », lâche le procureur avant de requérir quatre mois de prison avec sursis pour chacun des accusés. La présidente a suivi : père et fils ont été reconnus coupables et condamnés à quatre mois de prison avec sursis. Ils devront aussi verser une provision de 1000 euros à Nicolas pour le préjudice subi.