Nord: Le groupe PSA porte plainte contre un salarié qui aurait volé un morceau d'isolant

SOCIÉTÉ Dans cette affaire, les versions du salarié et de la direction sont diamétralement opposées…

Mikael Libert

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Une usine du groupe PSA dans le Nord (Illustration).
Une usine du groupe PSA dans le Nord (Illustration). — M.Libert / Archives 20 Minutes

Parole contre parole. Ce jeudi, Dominique Danquoins doit être entendu au commissariat de Valenciennes dans le cadre d’une plainte déposée à son encontre par la direction de l’usine automobile PSA de Trith-Saint-Léger. L’homme est accusé d’avoir dérobé plusieurs mètres de joint d’isolation sur son lieu de travail. Cependant, les versions des faits sont opposées en tous points.

Un ou 34 mètres ?

Dans cette histoire, la seule chose d’établie est la date des faits : le 12 septembre. Ce jour-là, Dominique Danquoins, salarié depuis 13 ans sur le site PSA de Trith-Saint-Léger, quitte son travail en fin de journée. A la sortie, son sac est fouillé par les agents de sécurité qui y découvrent un morceau de joint d’isolation. « Même pas un mètre, récupéré dans une poubelle », affirme l’avocat du salarié, Stéphane Dominguez. « Il s’agit d’un rouleau de 34 mètres de matériel neuf, volé dans un container de stockage », selon la direction.

Licenciement et plainte

Le jour même, Dominique est mis à pied. Une plainte a été déposée pour vol, le 14 septembre. Il reçoit sa lettre de licenciement « pour faute grave » deux jours plus tard. « C’est de l’acharnement contre ce salarié irréprochable qui voulait juste réparer son convecteur à gaz défectueux », s’insurge Cédric Brun du syndicat CGT.

« Cette plainte n’a pas d’objet, explique maître Dominguez. Le morceau d’isolant était dégradé et a été récupéré dans une benne avec des objets voués à être détruits. Juridiquement, dès lors qu’un objet est jeté, il y a abandon de propriété. Ce n’est donc pas du vol », poursuit l’avocat.

Dénonciation anonyme

« Le matériel volé n’était aucunement dans une poubelle mais dans un container de stockage », maintient la direction, ajoutant que le préjudice estimé est de 170 euros. Cependant, PSA concède que la bobine d’isolant n’était pas complète et qu’ils n’ont pas de témoin identifié ayant vu où a été pris l’objet du délit : « Monsieur Danquoins a été dénoncé de manière anonyme », reconnaît la direction.

Maître Domniguez « attend avec impatience » les auditions des vigiles et les preuves contre son client. « Soyons sérieux, comment aurait-il pu mettre 34 mètres d’isolant dans son petit sac à dos ? », fulmine l’avocat.

Le procureur de Valenciennes décidera, dans les semaines à venir, s’il y a lieu ou non de poursuivre l’ancien salarié de PSA. Par ailleurs, le tribunal des prud’hommes a été saisi pour « licenciement abusif ».