Nord: Quinze ans de prison pour le meurtre de sa fille dans un sac-poubelle

JUSTICE Estelle Derieux avait affirmé avoir tué sa fille, au prétexte que les services sociaux allaient la lui retirer. ...

G.D. avec AFP

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Douai, le 29 octobre 2015. Procès aux assises de Douai d'Estelle Derieux. Ici 'avocat général, Luc Frémiot.
Douai, le 29 octobre 2015. Procès aux assises de Douai d'Estelle Derieux. Ici 'avocat général, Luc Frémiot. — M.Libert/20 Minutes

Elle avait glissé sa fille de 3 ans dans un sac-poubelle, puis l’avait jetée dans le canal de la Deûle en août 2013, à Lille. Estelle Derieux a été condamnée, ce mercredi, à quinze ans de réclusion criminelle. La cour d’assises du Nord, à Douai, a reconnu la mère de 34 ans « coupable » et a assorti cette peine d’un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans avec obligation de soins.

« Altération partielle du discernement »

La cour a suivi les réquisitions de l’avocat général qui avait souligné « l’altération partielle du discernement » de l’accusée. Celle-ci affirmait avoir tué sa fille, Mandolina, au prétexte que les services sociaux allaient la lui retirer.

Estelle Derieux, une petite brune aux cheveux courts, a affirmé lors du procès « qu’elle n’a pas compris qu’on voulait l’aider ». « Je m’en excuse auprès de vous », a-t-elle déclaré devant la cour.

Entre « ange » et « démon »

L’expert psychologue avait dressé d’elle, lundi, le portrait d’une femme entre « ange » et « démon ». « Elle a un visage angélique, elle peut sourire, puis trois minutes après, elle peut devenir démoniaque », avait-il affirmé à la barre.

De son côté, le père d’Estelle Derieux avait mis en cause la pression des services sociaux dans ce drame. Mardi, ce général à la retraite avait dénoncé leur manque d'« approche psychologique ». Il avait rapporté qu’un jour, sa fille l’avait appelé : « “Papa, on veut me prendre ma fille” (…). Je pense que c’était un appel au secours (…). Je n’ai pas su décoder. Je suis passé à côté. »

Demande d’indulgence de la part du père

Il assurait que sa famille avait « pardonné à Estelle ce geste malheureux », estimant qu’elle était « sur la bonne voie ». Il avait demandé l’indulgence pour sa fille. Pas vraiment de cet avis, l’avocat général Luc Frémiot a expliqué qu'« il y a des dossiers qu’on aimerait n’avoir jamais à ouvrir, des dossiers qui devraient rester dans le domaine des cauchemars ».

« Mandolina, c’est la grande absente de ce dossier (…). C’est la petite fille qu’on ne voit pas parce que vous ne parlez que de vous », a-t-il glissé à l’adresse d’Estelle Derieux. Durant ce procès, le souvenir de la fillette a été très peu évoqué par la famille. Le père avait néanmoins décrit avec beaucoup d’émotion une fillette « jouette », qu’il allait « chercher à la crèche ».