Lille: Jacques-Yves Mulliez, pétainiste et résistant, est décédé à 97 ans

PARCOURS A 97 ans, ce cousin lointain du fondateur d'Auchan avait raconté son parcours ambigu durant l'Occupation dans un livre... 

Gilles Durand

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Marcq-en-Baroeul, le 23 septembre 2010. Portrait de Jacques-Yves Mulliez, ncien officier du Renseignement sous de régime de Vichy.
Marcq-en-Baroeul, le 23 septembre 2010. Portrait de Jacques-Yves Mulliez, ncien officier du Renseignement sous de régime de Vichy. — M.LIBERT / 20 MINUTES

Son parcours a toujours soulevé l’ambiguïté. L’entrepreneur nordiste Jacques-Yves Mulliez est décédé, lundi, à l’âge de 97 ans, à Villeneuve d'Ascq, annonce La Voix du Nord. 20 Minutes l’avait interviewé en 2010 lorsqu’il venait de sortir un livre Ma guerre secrète* dans lequel il racontait son étonnant parcours de pétainiste et de résistant.

Parcours tortueux

Jacques-Yves Mulliez, c’était le parcours tortueux d’un militaire resté fidèle au maréchal Pétain, tout en ralliant la cause du général De Gaulle. « Au début, j’ai failli rejoindre l’Angleterre, mais mon train était en retard », nous avait-il avoué lors de l’entretien.

Il n’était qu’un lointain cousin des Mulliez qui ont créé la grande distribution avec Auchan. Lui est issue d’une famille bourgeoise catholique qui a fait fortune dans le textile. Son statut ne l’empêche pas de s’engager pour aller combattre les Allemands jusqu’en Norvège avec les troupes françaises.

Il fonde un journal clandestin

Fait prisonnier, il réussit à s’évader pour monter un réseau d’espionnage travaillant pour le gouvernement de Vichy. En septembre 1940, il est l’un des premiers à fonder un journal clandestin, Les Petites Ailes, qui paraît dans le Nord pendant l’Occupation. « J’avais été scandalisé de voir un soldat allemand abattre de sang-froid un prisonnier français noir. Ce jour-là, je me suis juré de les foutre dehors », s’emportait alors l’officier Mulliez.

Une reproduction de la fausse carte d'identité que Jacques-Yves Mulliezutilisait durant l'occupation allemande. - M.LIBERT / 20 MINUTES

 

L’invasion de la zone libre l’entraîne plus tard dans les maquis. Après la guerre, il devient entrepreneur et crée la société de colle Sader. Il a toujours refusé les sollicitations que ce soit pour s’engager en politique ou pour devenir préfet. Histoire de pouvoir continuer à « dire merde » à qui il voulait.

*Paru aux éditions Les Lumières de Lille.