Nord: L'Etat condamné par le tribunal à s'occuper du sort des migrants à Calais

JUSTICE Le tribunal administratif de Lille a obligé, lundi, le préfet du Pas-de-Calais et la commune de Calais à offrir des conditions d'accueil dignes pour les 6.000 exilésqui séjournent dans la jungle de Calais...

Gilles Durand

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Des migrants installés dans une jungle, à Calais,  au pied des clôtures d'Eurotunnel.
Des migrants installés dans une jungle, à Calais, au pied des clôtures d'Eurotunnel. — Michel Spingler/AP/SIPA

La justice a donné raison aux associations. Le tribunal administratif (TA) de Lille a ordonné, lundi, au préfet et à la commune de Calais de donner des conditions d’accueil dignes aux 6.000 migrants qui séjournent dans la jungle. La préfecture et la maire de calais ont huit jours pour s’exécuter sous peine de 100 euros d’astreinte par jour de retard.

Recensement des mineurs

Le jugement demande au préfet de procéder au recensement des mineurs pour qu’ils soient accueillis dans des centres d’hébergement, et à la commune et à l’Etat de créer 10 points d’eau et 50 toilettes supplémentaires, ainsi que de procéder au nettoyage régulier des camps.

Une demande de Médecins du Monde et du Secours catholique

Médecins du monde et le Secours catholique avaient déposé, jeudi, un recours en référé pour que ces mesures soient prises par les pouvoirs publics « de nature à répondre, sans condition et sans délai, aux besoins essentiels et vitaux des exilés », soulignaient les deux ONG, dans un communiqué. Pas moins de trente points noirs avaient été évoqués à l’audience.

 

Les deux ONG dénonçaient aussi « une indécision, voire une improvisation permanente - quant au choix politique à faire » de la part du gouvernement, depuis deux ans.

« Mesures absurdes »

« Le ministre a évoqué un plan visant à créer des centres de « mise à l’abri », dont on ne connaît ni la localisation, ni les conditions prévues pour un accompagnement médico-social et juridique », argumentaient le Secours catholique et Médecins du Monde qui parlaient même de « mesures absurdes », en évoquant « le placement contraint de dizaines de personnes dans les centres de rétention aux quatre coins de la France ».

Une renégociation avec la Grande-Bretagne

Les deux associations demandent de « renoncer à la concentration de tous les exilés dans un même lieu », estimant qu'« il est temps de demander fermement à la Grande-Bretagne une renégociation des conditions d’accès au territoire britannique des exilés qui veulent s’y rendre ». Elles considèrent que « le fatalisme actuel du gouvernement français sur ce sujet est incompréhensible ».

La préfecture du Pas-de-Calais a annoncé, ce mardi, qu’un nouveau départ vers des centres de rétention était organisé pour 300 migrants « qui ont renoncé à leur projet migratoire vers la Grande -Bretagne ».