Lille: Elle avait jeté sa fille de 3 ans dans la Deûle

JUSTICE Le procès pour infanticide d’une mère de 34 ans commence jeudi aux assises du Nord, à Douai. Elle est accusée d’avoir glissé sa fille dans un sac plastique avant de la jeter à l’eau…

G.D. avec AFP

— 

Le canal de la Deûle.
Le canal de la Deûle. — M.LIBERT/20 MINUTES

Elle avait jeté sa fille de 3 ans dans la Deûle, en août 2013, à Lille. Une mère de 34 ans comparaît, à partir de jeudi, devant les assises du Nord à Douai pour ce meurtre avec préméditation. Mandolina, âgée de presque 3 ans, avait été glissée dans un sac plastique avant d’être balancée à l’eau.

Disparition inquiétante

Le 13 août 2013, la mère et sa fillette disparaissent de la région de Fourmies, dans le Nord, où elles habitaient. Une enquête pour disparition inquiétante est alors ouverte par le parquet d’Avesnes-sur-Helpe.

Estelle Derieux, qui vivait seule avec sa fille non reconnue par le père, est retrouvée trois jours plus tard par la police à Lille, assise sur un banc à côté de la Deûle. Elle déclare venir ici depuis plusieurs jours, car elle a jeté sa fille dans le canal.

Le corps de Mandolina, deux ans et 11 mois, sera découvert le 17 août à environ un kilomètre plus loin dans une écluse, enfermée dans un sac plastique. Morte par suffocation, selon l’autopsie.

« Je ne voulais pas qu’on me prenne mon enfant »

Pour expliquer son acte, l’accusée, actuellement incarcérée à la prison de Sequedin, près de Lille, évoque un prétendu harcèlement des services sociaux et judiciaires. Cette titulaire d’un Master 1 en musicologie exerçant quelques emplois précaires était en effet suivie par les services éducatifs suite à une dénonciation pour des violences qu’elle aurait exercées sur sa fille.

Depuis, elle avait peur que sa fille soit placée. « Je ne voulais pas qu’on me prenne mon enfant (…) Je ne voulais pas laisser mon enfant faire le bonheur de quelqu’un d’autre », dira-t-elle pour expliquer son geste.

Le jour de leur disparation, Estelle Derieux a raconté avoir fait tout ce qu’aimait sa fille : manger au Flunch, lire des comptines et visiter le zoo. Dans la soirée, elles sont allées s’asseoir à côté de la Deûle. C’est là qu’elle a mis l’enfant qui s’était assoupie dans le sac plastique, qu’elle a noué, puis l’a mise à l’eau.

« Une femme enfant »

L’avocat de la défense, Me Vincent Demory, évoque « une femme enfant » qui avait « une relation fusionnelle » avec sa fille. « C’est l’amour qu’elle portait à cet enfant qui est à l’origine de la destruction de cet enfant », affirme-t-il.

L’association d’aide à l’enfance en détresse La Voix de l’enfant, s’est constituée partie civile, la seule déclarée : « Ce n’était pas possible, il faut absolument qu’on parle de cette petite fille, qu’on essaie de comprendre ce qu’il s’est passé pendant les premières années de sa vie », a déclaré la présidente de l’association, Martine Brousse.

« J’ai noyé ma fille dans la Deûle. La juge devrait me laisser tranquille », avait écrit Estelle Derieux à l’une de ses proches après le drame. Le procès doit se tenir jusqu’au 4 novembre.