Nord-Pas-de-Calais: Le vin de terril sur une très bonne pente

INSOLITE Les viticulteurs d'Haillicourt devraient produire 400 bouteilles de chardonnay cette année...

Olivier Aballain

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Haillicourt, le 21 octobre 2013. Premieres vendanges du raisin de la vigne plantee sur la face sud du terril.
Haillicourt, le 21 octobre 2013. Premieres vendanges du raisin de la vigne plantee sur la face sud du terril. — M.Libert/20 Minutes

Passion, patience. Pour la troisième année, les amateurs de vin d’Haillicourt ont réussi leurs vendanges insolites, à flanc de terril.

La récolte, qui s’est déroulée le mardi 19 octobre, a mobilisé un peu plus d’une trentaine de passionnés, adhérents ou sympathisants de l’association locale (2bis & Tertous). Parmi eux figurait même le cycliste nordiste John Gadret, apprécié pour ses qualités de grimpeur, et dont les mollets furent bien utiles pour aider au transport des grappes sur les pentes raides du « 2bis » (c’est le nom de cette colline artificielle de pierres schisteuses).

La vigne s’acclimate au terroir nordiste

Le viticulteur Henri Jammet espère en retirer environ 300 litres d’un joli petit blanc de Chardonnay. La progression du domaine, soulignée par La Voix du Nord, fait plaisir à voir : de 175 bouteilles la première année, et 300 la deuxième, la production atteindra donc les 400 cette année. « C’est normal, on connaît mieux les conditions du terril, et les vignes s’acclimatent, s’enracinent », explique Henri Jammet.

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Surtout, en plus d’être abondante, la cuvée 2015 s’annonce prometteuse et « bien équilibrée ». On découvre que le terril, outre son bon ensoleillement, dispose d’un terroir propice aux vendanges plutôt tardives : « On s’autorise à récolter le raisin plus tard, car on a découvert que ça ne pourrissait pas ici », poursuit le viticulteur.

Résultat : Le degré d’alcool devrait osciller « entre 13 et 13,5 » sans adjonction de sucres, ce qui est une petite prouesse au nord de Paris puisque si le soleil manque, la vigne ne fabrique pas de sucre et le degré alcoolique reste bas.

En outre, une fermentation bien menée devrait permettre d’exploiter la belle acidité du jus pour « apporter un peu de gras » à la cuvée.