Calais: Il y a désormais près de 6000 migrants dans la «New jungle»

SOCIÉTÉ Leur nombre a doublé en moins d’un mois selon la préfecture…

M.L. avec AFP

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Près de 6000 migrants occupent désormais la «New Jungle», à Calais.
Près de 6000 migrants occupent désormais la «New Jungle», à Calais. — Michel Spingler/AP/SIPA

La préfète du Pas-de-Calais a indiqué dimanche que le nombre de migrants présents dans la « Jungle » de Calais avait doublé en trois semaines. Leur nombre est passé de 3000 à près de 6000.

« Il y a trois semaines, on dénombrait 3.000 migrants. Il y a eu une augmentation assez forte puisqu’on est passé à entre 5.500 et 6.000 aujourd’hui », a déclaré à l’AFP la préfète Fabienne Buccio, confirmant des informations de presse et les chiffres évoqués cette semaine auprès de l’AFP par des associations humanitaires présentes sur le site.

Difficulté de traverser la Manche

Cet afflux s’explique principalement par « la difficulté de passer en Grande-Bretagne » après les nombreux travaux de sécurisation effectués sur le site d’Eurotunnel et la rocade menant au port de Calais. Devant cette quasi-impossibilité de traverser la Manche, les migrants « se sédentarisent et certains sont là depuis huit mois », note la préfète.

La « Jungle » de Calais est située à environ une heure à pied du centre-ville dans une lande proche de la mer et balayée par les vents. Elle reçoit des migrants qui étaient auparavant dans les camps du Dunkerquois, à savoir Téteghem et Grande-Synthe, qui ont vu leur population baisser, notamment « en raison de la pression policière », a-t-elle ajouté.

«Un village organisé»

La « Jungle » ressemble désormais « plus à un village organisé qu’à un camp de toile », a poursuivi la préfète. Des écoles, églises, mosquées, salons de coiffures, restaurants ou encore épicerie, plus ou moins de bric et de broc, ont fait peu à peu leur apparition dans ce camp qui jouxte le centre d’accueil de jour Jules-Ferry où des repas gratuits sont distribués quotidiennement aux clandestins.

Selon Fabienne Buccio, la photo du petit Aylan, enfant syrien retrouvé mort sur une plage turque, « a provoqué un élan de générosité des associations et de nombreux dons », ce qui a pu attirer davantage de migrants certains d’y recevoir une aide.

>> Des initiatives privées pour venir en aide aux migrants

Par ailleurs, la préfète a constaté une évolution de la population au sein de la « Jungle ». « Avant, les migrants provenaient essentiellement de la corne de l’Afrique. Maintenant, il y a beaucoup d’Irakiens, d’Iraniens et de Syriens qui arrivent en famille, avec femmes et enfants », a déclaré Mme Buccio.