Lille : Comment le festival de Tourcoing brise quelques clichés autour du jazz

CULTURE 20 Minutes a envoyé un fana de jazz au festival de Tourcoing qui se tient jusqu'à samedi, pour dénicher et décortiquer les clichés autour de ce genre musical assez méconnu...

Gilles Durand

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Maceo Parker en concert à Bruxelles en mai 2015.
Maceo Parker en concert à Bruxelles en mai 2015. — ISOPIX/SIPA

N’y allons pas par quatre chemins, le Tourcoing jazz festival est l’un des plus réputés en France. 20 Minutes n’a donc pas hésité à y infiltrer un fana de jazz. Son nom de code : Starboul. Il a sillonné les festivals de jazz dans toute la France, jusqu’à Londres. Il nous explique comment celui de Tourcoing tord le cou à quatre clichés sur nébuleuse musicale pour le grand public.

Un public vieillissant et studieux. A Tourcoing, le public est un peu plus jeune qu’ailleurs. « Beaucoup de quadra et de quinquagénaires, mais l’âge du public dépend aussi de l’âge de l’artiste », assure Starboul. L’atmosphère des concerts programmés à l’Hospice d’Havré est « plutôt pour les amateurs », façon club autour de tables (150 places). En revanche, les 800 spectateurs du théâtre municipal offrent une ambiance plus « conviviale ».

Des ambiances un peu snob. Pas vraiment les codes d’un concert de musique classique. Au contraire, certains artistes n’hésitent pas à jouer avec le public. Ce fut le cas de Lee Konitz, 88 ans aux prunes, par exemple. Le saxophoniste américain instaure un rapport direct avec le public qu’il fait chanter et avec qui il plaisante volontiers (en anglais). Comme un vulgaire groupe de rock. Le roi du saxo funk, Maceo Parker, sur scène jeudi, est connu aussi pour mettre le feu à la salle.

Des musiciens peu impliqués en province. « On est souvent déçu par certains artistes qui ne donnent pas le maximum en province par rapport aux concerts parisiens », regrette Starboul. Rien de tout ça à Tourcoing. « Les pianistes Brad Mehldau et Laurent Coq étaient au meilleur de leur art. J’ai même acheté le disque de ce dernier à la fin du concert », se réjouit Starboul qui, du coup, a une crainte. « Je vais payer 70 euros pour voir Keith Jarrett à Londres. Avec le risque qu’il parte au milieu du concert à cause du public qui tousse… »

 

On s’ennuie si on n’y connaît rien en musique. Pas toujours, figurez-vous ! D’abord, le jazz revêt des styles musicaux très différents. Brad Mehldau, mercredi soir, a repris des morceaux de Neil Young, par exemple. Bon, pour Katy Perry, il faudra peut-être attendre un peu. Mais les sujets de curiosité sont légion. Ce n’est pas à un concert de Johnny Hallyday que vous verrez le saxophoniste enfourner un mouchoir dans son instrument pour en tirer un son spécifique. Lee Konitz l’a fait, mercredi soir.