Nord: La gestion du risque de submersion marine inquiète les élus

ENVITONNEMENT Certaines zones du littoral sont menacées à cause du réchauffement climatique…

M.L. avec AFP

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La gestion du risque de submersion marine inquiète les élus du Nord.
La gestion du risque de submersion marine inquiète les élus du Nord. — M.Libert/20 Minutes

L’eau et l’inquiétude montent. Avec la montée des eaux due au réchauffement climatique, la zone de polders entre Calais, Saint-Omer et Dunkerque, située en dessous du niveau de la mer, est menacée à terme par la submersion marine. Avec le transfert de compétences, ce n’est plus à l’État de gérer ce risque, mais aux collectivités et le manque de moyens inquiète les élus locaux.

Plus fort taux d’érosion en France

Selon la Direction régionale de l’environnement (Dreal), le littoral du Nord-Pas-de-Calais connaît les plus forts taux d’érosion en France. Celui-ci a reculé sur près de 60 % de son linéaire alors que plus de 400.000 personnes habitent sur les polders. Deux communes sur trois ont fait, par ailleurs, l’objet d’un arrêté de catastrophe naturelle ces trente dernières années suite à une inondation.

Si, historiquement, l’Etat s’est toujours chargé de l’entretien du réseau des wateringues, désormais, la Gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (Gemapi) sera de compétence intercommunale.

Baisse des dotations

« Si on n’avait pas les baisses de dotations comme aujourd’hui, pourquoi pas ? Mais là, on est dans un contexte où l’on a de moins en moins de moyens », s’inquiète Patrice Vergriete, maire (divers gauche) de Dunkerque et président de la communauté urbaine.

Une « taxe Gemapi », plafonnée à 40 euros par habitant et par an, pourra être levée par les intercommunalités afin de financer cet entretien, estimé à entre-deux et trois millions d’euros par an par les élus du Dunkerquois. C’est pourquoi un syndicat mixte des communes de la zone doit voir le jour au 1er janvier 2016.

« Le jour où il y a une très grosse tempête et une montée des eaux comme ce que le dérèglement climatique induit, il y aura une rentrée de la mer dans la cuvette de Dunkerque », prévient Sandrine Rousseau, tête de liste EELV à l’élection régionale.

« Si on regarde les cartes, la zone submersible est assez étendue et sur ce territoire, on a un problème puisqu’il y a beaucoup d’usines Seveso et aussi une centrale nucléaire qui est la plus grande d’Europe », à Gravelines, rappelle Mme Rousseau.