Lille: La lutte pour survivre, au programme quotidien du cinéma le Kino

LOISIRS Le Kino-ciné de Villeneuve-d’Ascq, un des plus anciens cinémas de la métropole lilloise, essaie de conserver sa place atypique, 40 ans après sa création…

Gilles Durand

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La salle de projection du cinéma le Kino de Villeneuve d'Ascq.
La salle de projection du cinéma le Kino de Villeneuve d'Ascq. — G. Durand / 20 Minutes

A 40 ans, le Kino-ciné de Villeneuve-d’Ascq cherche un second souffle. La semaine prochaine, le cinéma propose pas moins de cinq événements en quatre jours, dont la projection, lundi soir, d’un film inédit en métropole, Quand je ne dors pas.

Un des plus anciens cinémas de la métropole

Pourtant, le plus ancien cinéma de l’agglomération lilloise, après le Métropole de Lille, a du mal à se projeter dans l’avenir. Le fonctionnement fleure bon le militantisme avec ses 40 bénévoles. La salle est difficile d’accès, plantée au cœur de l’université de Lille-III.
Reste la volonté de montrer une programmation originale, spécialisée souvent dans les séances de rattrapage.

 

« Nous sommes obligés d’être toujours très pointus sur les films présentés pour bénéficier des aides du CNC, vitales pour nous. Nous sommes un des rares cinémas à cumuler trois labels : Patrimoine et répertoire, Recherche et découverte et Jeune public », explique Flora Collombet, programmatrice du lieu depuis 7 ans. Après huit années de bénévolat.

Un remboursement d’ici à fin 2017

Mais le Kino a, aujourd’hui, une épée de Damoclès au-dessus de la tête : un remboursement, avant fin 2017, de 40.000 euros lié à l’investissement en matériel de projection numérique.

« Nous étions obligés de passer au numérique pour ne pas disparaître. Cette transition n’a fait qu’accroître les difficultés de gestion. La maintenance numérique et le suivi compliqué des copies ont remplacé le coût du transport des bobines », remarque Flora Collombet.

Augmenter les tarifs ?

D’autant que les subventions de la direction régionale de la Culture, de l’université et de la ville ont toutes baissé en 2015. Les solutions ? Doubler le nombre de spectateurs par an (11.000 actuellement) ou augmenter le prix très bas (5,60 euros en tarif plein).

« Les gens ont parfois du mal à comprendre que nous sommes un cinéma commercial, soumis à des règles comptables. Il faut jongler entre les films un peu plus grand public et ceux, plus fragiles, qu’on souhaite défendre », précise Flora Collombet. Une lutte de tous les jours. Et d’avouer : « Ça fait 40 ans que c’est dur de faire vivre ce lieu ».