Nord: La Redoute menace de tirer au sort les salariés qui devront finir tard

SOCIAL A défaut de tomber d’accord sur les horaires, la direction de La Redoute envisage cette ultime solution…

Mikael Libert

— 

Des salariés de la Redoute manifestent en novembre 2013.
Des salariés de la Redoute manifestent en novembre 2013. — M.Libert/20 Minutes

Une loterie où l’on perd à tous les coups. La Redoute, spécialiste de la vente à distance, est en pleine réorganisation du temps de travail sur son site de la Martinoire, à Wattrelos, dans le Nord. La direction souhaite que l’équipe de l’après-midi termine à 21h30 et menace, si un accord n’était pas trouvé, de désigner des volontaires par le biais d’un tirage au sort.

L’avenir sur un coup de dès

« Qu’ils se débrouillent pour trouver des volontaires, mais nous ne voulons pas de tirage au sort, tonne Fabrice Peeters, élu au comité d’entreprise (CE) de la Redoute. On ne peut pas jouer l’avenir de salariés sur un coup de dés ». Pour le moment, les négociations avec la direction sont au point mort car, outre cette histoire de tirage au sort, ce que la CGT dénonce avant tout, c’est l’horaire en lui-même : « Nous voulons que l’équipe d’après-midi termine au maximum à 19h20 », explique Jean-Christophe Leroy, représentant syndical CGT.

Incitations financières

La direction assure être consciente des changements que cela implique pour les salariés, mais elle affirme qu’il faut en passer par là pour « cadrer avec les standards du e-commerce ». Si la Redoute ne dément pas avoir utilisé l’expression « tirage au sort », elle relativise néanmoins sa portée : « Nous ne voulons pas désigner les salariés. D’ailleurs nous avons mis sur la table des incitations financières pour que cet horaire tardif devienne attractif ». Incitations financières dont le montant ne nous a pas été communiqué.

Fabrice Peeters tempère : « Dans les faits, l’équipe d’après midi termine déjà à 20h. Mais au-delà, sans le volontariat et des compensations, ce n’est pas possible ». Si le tirage au sort devait finalement avoir lieu, il concernerait tous les employés de la Martinoire pour désigner les 150 « malchanceux » qui devraient travailler de 14h à 21h20. « Nous avons 70 % de femmes ici, si ça se passe comme ça, elles devront choisir entre leur travail ou leur vie de famille. On nous prend vraiment pour du bétail », lâche l’élu du CE.

Une nouvelle réunion sur le sujet des horaires doit avoir lieu, ce jeudi, à 14h. La direction n’a fixé ni échéance, ni ultimatum pour l’aboutissement des négociations. Néanmoins, quoi qu’il arrive, il faudra qu’une solution soit trouvée avant l’entrée dans les nouveaux locaux, prévue en juin 2016.