Nord: Le Chti Étudiant, un guide pour survivre à Lille

SOCIÉTÉ Il sera diffusé à 20.000 exemplaires dans les grandes écoles de la métropole lilloise…

Mikael Libert

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La deuxième édition du Chti étudiant.
La deuxième édition du Chti étudiant. — M.Libert / 20 Minutes

Des bons plans pour les étudiants. C’est, en tout cas sur le papier, l’objet du Chti Étudiant, un « guide de survie à Lille » édité par l’association Le Chti de l’EDHEC. Dans les faits, ce petit bouquin de 30 pages, au ton humoristique parfois discutable, est plutôt orienté fiesta avec force conseils et astuces pour « profiter » de la vie et plus si affinités.

Humour gras

Passons sur l’histoire de la fillette qui dessine un sexe masculin en érection (p18) qui « repousse les limites du bon goût » pour La Voix du Nord. « Là dessus, on assume, assure Adrien Salomé du Chti. Cette page est volontairement provocatrice, mais c’est pour faire rire notre cible, les 18-25 ans ». Soit.

Dans la rubrique « Les meilleures baises » (p27), il y a aussi cette « coutume locale » qui voudrait que les nordistes forniquent entre frères et sœurs. « On voulait jouer sur ce cliché. Ce n’est pas méchant, là encore, c’est pour rire », se justifie Adrien Salomé. Bon.

Et l’alcool

N’empêche, humour gras mis à part, une autre chose saute aux yeux. La part des bons plans autour de l’alcool relègue la bouffe et la culture au rang de l’anecdote. Ainsi, pour « poser les bases de cette nouvelle année scolaire », le guide livre quelques noms de bars (p20) réputés dans lesquels l’étudiant pourra s’alimenter « en élixir planteur ou agricole » en « kérosène sibérien » pour finir « maître Jedi de la galaxie de la soif ».

D’ailleurs, pour pouvoir boire sans se ruiner, deux pages (p24 et 25) sont consacrées aux happy hours. Et pour les cramés, le Chti Etudiant a même dressé une petite liste des boissons les plus « rentables », comprendre les boissons qui retournent la tête (p26). « C’est une anecdote, poursuit Adrien Salomé. Les étudiants connaissent déjà ces boissons ».

Si l’orientation « alcool » n’est pas vraiment assumée par l’association qui édite le guide, elle a fortement déplu à l’annonceur qui a acheté la pub de la page 2 et qui n’est autre qu’une auto-école. « Je me suis rendu compte après la parution que ça tournait beaucoup autour du milieu festif de la nuit, déclare Sébastien Bourguignon, gérant de l’école de conduite République. En termes d’image, ce n’est pas génial. A l’avenir, je demanderais à voir le contenu avant publication ».

Sollicités par 20 Minutes, la direction de l’Edhec et le groupe Pernod Ricard, plus gros annonceur du guide, n’ont pas donné suite.