Nord: Les trois raisons pour lesquelles le Réseau express Grand Lille ne verra pas le jour

TRANSPORTS Alors que le rapport de la commission nationale du débat public ne voit pas d'opposition au projet de réseau express entre Lille et l'ex-bassin minier, il risque pourtant de capoter...

Gilles Durand

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Lille, le 18 mai 2015 - Affiche du trace du projet du reseau express Grand Lille entre Henin et Lille.
Lille, le 18 mai 2015 - Affiche du trace du projet du reseau express Grand Lille entre Henin et Lille. — G. Durand / 20 Minutes

Le projet de RER entre l’ex-bassin minier et Lille suit sa route. La Commission nationale du débat public (CNDP) a rendu son rapport, mardi. Elle donne son aval au projet, mais avec quelques conditions. Selon ce rapport, deux tiers des personnes interrogées approuvent spontanément ce projet. Le conseil régional doit donc voter, le 16 octobre, une délibération pour le faire avancer. A l’instar du site internet Lilletransport.com, 20 Minutes vous donne trois raisons pour lesquelles ce projet risque pourtant de ne jamais voir le jour.

 

Combien ça va coûter ? « L’idée d’une gare souterraine techniquement complexe et très coûteuse, ne fait pas l’unanimité », souligne la CNDP dans ses conclusions. Le coût global de toutes les infrastructures -soit la construction de 56 km de voies nouvelles et de six gares, dont une souterraine à Lille- est évalué à 2,1 milliards d’euros. A titre de comparaison, la simple construction d’une gare souterraine à Marseille est évaluée à 2,5 milliards. La région a-t-elle un truc pour payer moins cher ? Ou une calculatrice qui ne marche pas ?

Qu’en pense la Picardie ? « La région devra prendre en compte les attentes, d’autant que la décision s’inscrira dans un contexte de fusion des régions », stipule le rapport. En effet, dans trois mois auront lieu des élections pour renouveler le conseil régional qui sera élargi à la Picardie. Pourquoi ne pas avoir attendu cette échéance pour lancer le débat public ? « L’enjeu partagé de ce projet est un peu flou dans une grande région », explique Alain Wacheux, vice-président (PS) chargé des transports à la région. En clair, ce projet ne concerne pas les Picards, dont les élus pourraient être tentés d’enterrer le projet. A défaut de la gare lilloise.

Un tracé un peu surréaliste. « Le tracé et le positionnement des gares font débat », estime le rapport. Avec 0,3 m de voie ferrée par habitant, la région n’est effectivement pas spécialement bien dotée (0,45 m/h en moyenne en France). Mais l'intérêt de voir un nouveau tracé longer des voies qui existent déjà apparaît peu opportun. Faire circuler des trains plus grands sur le réseau existant coûterait moins cher. Au départ, le projet avait été présenté pour gagner du temps entre Lille et Hénin-Beaumont : 21 minutes contre 23 minutes actuellement pour les trajets les plus rapides. Difficile de voir l’intérêt réel d’un tel projet, surtout s’il se fait au détriment du cadencement du TER.