Lille: La fin de la gratuité pour les aveugles, un cas d'école chez Transpole

TRANSPORTS À partir du 1er janvier 2016, les personnes déficientes visuelles devront aussi payer un minimum de 7 euros par mois...  

Olivier Aballain

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Nouvelle signalétique Transpole côté Euralille
Nouvelle signalétique Transpole côté Euralille — O. Aballain

Les 17.000 signataires en faveur de la gratuité des transports pour les déficients visuels ont été symboliquement reçus, lundi soir, par Lille Métropole (MEL).

Mais ils ne seront que partiellement entendus. Au lieu de la gratuité, les déficients visuels seront bien tenus de payer un abonnement à 7 euros par mois minimum, à partir de janvier 2016. Pour autant, l’action est un cas d’école à plus d’un titre.

La nouvelle tarification

Le principe de la nouvelle grille de tarifs Transpole demeure la « solidarité entre usagers » : aucune catégorie ne bénéficiera plus automatiquement de la gratuité.

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« Nous préférons moduler les tarifs en fonction des revenus des usagers, plutôt que de leur état. En cela, nous répondons à la demande des associations de personnes handicapées », explique Gérald Darmanin, le vice-président (LR) de la MEL en charge des Transports.

En revanche, l’élu a assuré à Nicolas Karasiewicz, le porteur de la pétition, qu’il adresserait aux maires un courrier les incitant à prendre en charge le surcoût pour les personnes en difficulté, via leur centre d’action sociale (CCAS). c’est déjà le cas à Tourcoing, assure son maire… Gérald Darmanin.

L’accessibilité dans les transports

La MEL donne des gages. En premier lieu, Gérald Darmanin rappelle que l’institution a débloqué 18 millions d’euros répartis sur trois ans pour se mettre en conformité avec la loi sur l’accessibilité des espaces publics.

Bornes podotactiles sur le réseau tramway, et mise en place des annonces sonores dans les bus sont notamment au programme. « C’est une bonne chose, estime Nicolas Karasiewicz, même si initialement la loi devait être applicable au 1er janvier 2015 ».

Un rendez-vous est par ailleurs prévu d’ici deux semaines, avec la direction de Transpole, pour améliorer l’accompagnement des personnes déficientes visuelles par les agents, dans les stations. « A la réouverture des accès à Lille-Flandres, après la rénovation, ces personnes auront probablement besoin d’aide », concède Gérald Darmanin.

Une passe d’armes politique ?

Le combat de Nicolas Karasiewicz avait été relayé en juin par l’élu FN Éric Dillies devant l’assemblée plénière de la MEL. Aujourd’hui, l’élu frontiste maintient sa position : « Monsieur Darmanin considère que le handicap doit être considéré comme un privilège. Pour assainir les comptes, il décide de faire payer les gens ».

Gérald Darmanin, lui, estime que la méthode de la pétition n’était pas la bonne. « Il est surprenant de lancer une pétition avant de demander un rendez-vous. » Nicolas Karasiewicz se défend de toute récupération. « Chacun a le droit d’avoir son appartenance. J’espère que ça ne nous empêchera pas de dialoguer ».