Calais: La Coopérative SeaFrance conteste devoir de l'argent à Eurotunnel

ÉCONOMIE Le liquidateur de la Scop de Calais réclame même 6,4 millions d'euros au groupe Eurotunnel...

Olivier Aballain

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Calais, le 15 aout 2014. Un bateau de la compagnie My Ferry Link entre au port de Calais.
Calais, le 15 aout 2014. Un bateau de la compagnie My Ferry Link entre au port de Calais. — M.Libert/20 Minutes

Après la bataille sociale, la guerre des chiffres.

Le liquidateur judiciaire de la coopérative (Scop) SeaFrance a contesté, ce lundi, que celle-ci doive 22,7 millions d’euros à Eurotunnel en conséquence de l’occupation cet été des deux bateaux cédés au danois DFDS. Au contraire il réclame 6,4 millions d’euros de créances.

Qui assumera le blocage ?

« Les navires sont sous la responsabilité exclusive du groupe Eurotunnel depuis le 2 juillet », rappelle le liquidateur, dans un communiqué. Me Alexandre Delezenne fait valoir qu’il ne se sent pas lié par le protocole de sortie de crise signé par les salariés le 31 août, sur lequel se basent en partie les demandes d’Eurotunnel.

Calais : Pour comprendre le feuilleton Seafrance, MyFerryLink et Eurotunnel

Les ex-marins de la Scop Sea France, qui exploitaient les bateaux de MyFerryLink, les ont occupés pendant près de deux mois, bloquant également épisodiquement le port de Calais, premier port passager de France. Ils protestaient contre la vente des navires par leur propriétaire, Eurounnel, au concurrent DFDS.

Une créance de 6,4 millions

À la suite du conflit, Eurotunnel avait affirmé mardi que la Scop devait 22,7 millions d’euros au titre « des pénalités de non-restitution des navires, des pertes de revenus et de la remise en état des navires ».

>> Relire notre article sur le coût des dégradations

Des dégradations, principalement des sièges tailladés au cutter, et des disparitions de matériels, avaient été constatées par huissier sur un des deux ferries libérés le 2 septembre.

Le liquidateur de la Scop conteste devoir assumer le coût des actions menées depuis le 2 juillet. A l’inverse, il souligne que « la Scop SeaFrance est confrontée au refus de la société MyFerryLink, filiale du groupe Eurotunnel, de régler une somme de plus de 6,4 millions euros ».

Selon lui, cette somme correspond au paiement des « prestations effectuées par la Scop ». Le protocole signé fin août prévoit que 402 des 487 ex-salariés directs de la Scop soient employés par les repreneurs des navires.