Nord: Environ 300 à 400 maires attendus, samedi matin, devant la préfecture, à Lille

POLITIQUE Des centaines d’élus locaux viennent manifester, samedi matin, devant la préfecture pour protester contre la baisse des dotations de l’Etat…

Gilles Durand
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Patrick Masclet, président de l'Association des maires du Nord.
Patrick Masclet, président de l'Association des maires du Nord. — A. A.

Si les caisses sont vides, la coupe, en revanche, est pleine. Environ la moitié des 650 maires du Nord ont rendez-vous, samedi matin, sous les fenêtres du préfet, à Lille, pour exprimer leur colère face aux baisses des dotations de l’Etat. Une délégation, conduite par Patrick Masclet, maire (LR) d’Arleux, doit être reçue.

Une baisse de 30 % en quatre ans

A la tête de sa commune de 3.000 habitants, près de Douai, l’élu est également président de l’Association des maires du Nord. « La baisse de la dotation globale de fonctionnement pour les communes va atteindre 30 % en 2017, on ne va pas pouvoir résister, s’inquiète Patrick Masclet. J’ai déjà dû fermer la mairie une demi-journée par semaine, supprimer le petit spectacle pour les personnes âgées le petit cadeau à chaque maman et deux postes d’agent. »

A Loos-lez-Lille, par exemple, la maire (DVD) Anne Voituriez annonce devoir « réduire le ramassage en bus des enfants et retarder la mise en place de transports alternatifs écologiques, coûteux dans leur mise en œuvre ». Faute de recettes, de nombreuses communes vont devoir réduire les dépenses.

Des communes asséchées

« Nous sommes conscients qu’il faut résorber la dette abyssale du pays, mais ce ne sont pas les communes, tenues d’équilibrer leurs comptes, qui en sont les principales responsables », dénonce Patrick Masclet, lequel réclame « du temps pour réaliser des économies ».

Selon lui, « à ce rythme-là, le cash disponible pour investir va passer de 8 milliards à un milliard en 2017, ce qui signifie moins d’investissement et moins de service public ». Patrick Masclet en est certain : « La décision du gouvernement d’assécher financièrement les communes est une façon de les faire disparaître progressivement. Au sein du think tank Terra Nova, certains militent pour cette disparition ».

Des maires convoqués

Un réseau d’alerte, piloté par la préfecture, surveille les finances des communes. Selon nos informations, au moins une demi-douzaine de maires ont déjà été convoqués par les sous-préfets depuis le début d’années. Le chiffre pourrait même être beaucoup plus important. Une situation inédite.