Nord: Michel Sapin évoque une candidature Aubry aux régionales

POLITIQUE La candidature de Pierre de Saintignon, la tête de liste socialiste en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, n'est pas un long fleuve tranquille...

Olivier Aballain

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Siège de région Nord-Pas-de-Calais à Lille
Siège de région Nord-Pas-de-Calais à Lille — M. Libert

« Gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge ». Pierre de Saintignon pourrait faire sienne la citation de Voltaire. Car une nouvelle peau de banane vient d’être glissée sur le chemin de la tête de liste PS aux régionales, et elle lui vient encore par sa gauche.

Cette fois, c’est même un poids lourd du gouvernement qui en est responsable. Michel Sapin, interrogé dans l’émission Question d’info LCP/AFP/Le Monde/France Info, n’a pas écarté l’hypothèse d’une candidature Aubry aux régionales. « Peut-être, a répondu le ministre des Finances. C’est la seule à pouvoir décider ».

Martine Aubry n’est pas candidate

La déclaration du ministre est étonnante, puisque Pierre de Saintignon est officiellement désigné depuis sept mois. Surtout, la maire de Lille, son mentor, a toujours refusé de se lancer dans la bataille régionale. « Sa position n’a pas changé, Pierre de Saintignon est le meilleur candidat pour la région », assure encore ce mercredi le cabinet de Martine Aubry.

Comment expliquer la sortie de Michel Sapin ? Le ministre, réputé très proche de François Hollande, a peut-être anticipé le résultat annoncé « catastrophique » pour le PS, d’un sondage spécial régionales qui doit être publié jeudi par la Voix du Nord.

De multiples chausse-trappes

Par ailleurs, Pierre de Saintignon est régulièrement attaqué dans son camp pour son manque de notoriété. La sortie de Michel Sapin alimente la petite musique qui tend à contester son leadership. L’hypothèse d’une candidature Frédéric Cuvillier (élu du Pas-de-Calais) revient ainsi régulièrement sur le tapis. L’ancien secrétaire d’État aux Transports n’a toujours pas indiqué s’il souhaitait être candidat.

Parti très tôt en campagne, Pierre de Saintignon a déjà dû faire face à de multiples chausse-trappes depuis cet été : une erreur de date de scrutin sur ses premières affiches, une déclaration intempestive de Frédéric Cuvillier sur un projet d’écotaxe régionale, le rejet par EELV d’une alliance de premier tour… « Tout le monde est derrière lui, il n’y a pas de doute à avoir », assurait Martine Filleul, la patronne des socialistes nordistes, le 11 septembre. Bref, presque tout le monde.