Lille: Les conseils d'un pneumologue pour atténuer les effets de la pollution

SANTÉ La Fête du souffle qui s'ouvre demain permet de se tester gratuitement dans les pharmacies...

Olivier Aballain

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Un médecin généraliste ausculte une petite fille dans son cabinet.
Un médecin généraliste ausculte une petite fille dans son cabinet. — M.Libert / Archives 20 Minutes

C’est le moment de tester ses poumons. La Fête du souffle, qui s’ouvre mercredi dans toute la France, permet aux particuliers de procéder à un contrôle gratuit dans de nombreuses pharmacies et hôpitaux partenaires.

Le rendez-vous est particulièrement suivi dans le Nord, où la mauvaise qualité de l’air constitue, selon l’Institut de Veille Sanitaire, une vraie problématique de santé publique. C’est donc le moment de faire le point, avec le Professeur Scherpereel, du CHRU de Lille, sur les gestes simples qui peuvent permettre d’atténuer l’effet de la pollution atmosphérique sur l’organisme.

Les Nordistes sont-ils particulièrement touchés par les épisodes de pollution atmosphérique qui touchent régulièrement la région ?

Effectivement. Nous le constatons à l’hôpital lorsqu’une alerte de pollution est déclarée. Les services d’urgence reçoivent davantage d’appels pour des problèmes respiratoires, et aussi pour des accidents cardiovasculaires. Dans le service de pneumologie en particulier, nous recevons deux fois plus d’appels de la part des patients que nous suivons.

Quelles recommandations pouvez-vous formuler ?

Pour les personnes déjà sensibilisées par la maladie, l’essentiel est de limiter les efforts et d’éviter les sorties extérieures dès que le niveau d’information est franchi (pour les particules, à partir de 50 microgrammes par litre d’air).

Ces mêmes recommandations sont valables pour les personnes âgées et les enfants lorsque le niveau d’alerte est franchi (à partir de 80 microgrammes).

Pour les personnes malades, nous recommandons également souvent d’augmenter préventivement leur traitement lorsqu’un pic de pollution est annoncé.

Y a-t-il des gestes simples pour limiter l’exposition aux particules ?

Il y a quelques mesures au quotidien. Il faut penser à fermer les fenêtres de l’habitation aux heures de pointe. Dans ce cas-là, on oublie la recommandation qui consiste à aérer les pièces quotidiennement.

D’autres polluants sont-ils dangereux pour le système respiratoire ?

Il n’y a pas que les particules qui peuvent créer une irritation des voies pulmonaires. Dans l’air intérieur, il faut se méfier des composés volatiles (COV) produits par les solvants et les colles utilisées dans l’ameublement ou les peintures.

Par exemple, lorsque l’on vient de refaire à neuf la chambre d’un nourrisson, mieux vaut attendre deux ou trois semaines avant d’y emménager l’enfant. Cela permet de prévenir les irritations chroniques.

Quel est, pour vous, l’intérêt de la semaine du souffle ?

Elle permet de dépister certaines maladies peu ou mal connues. Il y a l’asthme bien sûr, surtout pour les enfants.

Mais je pense aussi à la BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive), qui affecte de nombreux adultes à partir de 50 ans. Ce sont souvent des fumeurs, qui trouvent normal de tousser le matin alors qu’ils subissent en fait une véritable inflammation. Le dépistage permet de les orienter vers une prise en charge adaptée, d’autant plus efficace qu’elle est effectuée précocement.