Ali risque plus de redoubler que René

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Porter un prénom arabe offrirait moins de chances de réussir ses études. C'est la thèse développée dans une étude que vient de publier l'Observatoire régional des études supérieures (Ores) du Nord-Pas-de-Calais. Pour parvenir à cette conclusion, l'institut a analysé le parcours de 27 518 bacheliers de la région en 2004. « Parmi eux, nous avons pu en distinguer plus de deux mille portant un prénom arabe ou musulman », explique Marie-Noëlle Decharne, sociologue à l'Ores. Une première en France.

Et c'est la comparaison des deux groupes qui dévoile quelques tendances. Ainsi, les bacheliers portant un prénom arabe ou musulman sont surreprésentés dans les filières technologiques ou professionnelles et redoublent deux fois plus que les autres (50 % contre 25 %) à l'issue de leur première année d'enseignement supérieur. Pour autant, le caractère discriminant des prénoms est loin d'être évident. « Cette étude montre que l'orientation et la poursuite des études dépendent tout d'abord de l'origine sociale et du type de bac », constate Marie-Noëlle Decharne. « En soi, le prénom n'est pas une variable déterminante, acquiesce Fadéla Benrabia, directrice régionale de l'Agence pour l'égalité des chances. Cependant, nous remarquons que pour les étudiants d'origine modeste, un prénom à consonance arabe représente un facteur de discrimination supplémentaire. »