Prise d'otage à Vendin-le-Vieil: Un syndicaliste dénonce « le sentiment d'impunité des détenus »

FAITS DIVERS Après la prise d'otage dans une prison de haute sécurité, dans le Pas-de-Calais, un syndicaliste s'inquiète pour la sécurité des surveillants de prison...

Gilles Durand

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Illustration d'un surveillant de prison.
Illustration d'un surveillant de prison. — M.Libert / 20 Minutes

La prise d’otage a duré près de quatre heures. Le directeur adjoint de la prison de Vendin-le-Vieil, près de Lens, dans le Pas-de-Calais, a finalement été libéré « sain et sauf », ce mercredi, après avoir été placé sous la menace d’un détenu particulièrement dangereux et armé d’un couteau artisanal.

Premier incident

Il s’agit du premier incident dans cette prison de haute sécurité qui a été mise en fonction en mars 2015. Pour l’instant, 50 détenus condamnés à de lourdes peines et à haut risque y sont incarcérés. A terme, il est question d’en accueillir 200. « Le fait que les détenus arrivent par petite vague est une bonne chose, mais on voit déjà les problèmes qui risquent de se poser quand l’établissement tournera à plein régime, » craint Nicolas Bihan, délégué régional du Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS).

Une sécurité optimisée

Pour lui, la sécurité est pourtant optimisée dans ce centre de détention dernier cri. Un scanner corporel semblable à celui qui équipe les aéroports est, par exemple, installé pour détecter armes ou drogues à la sortie du parloir. « Mais le scanner n’est pas utilisé dans le quartier d’isolement où a eu lieu la prise d’otage », souligne le syndicaliste.

« Nous sommes oubliés par l’administration »

Ce dernier dénonce surtout « le sentiment d’impunité qui se développe chez les détenus ». « Cet individu savait qu’en agressant quelqu’un, il allait obtenir le transfert qu’il réclamait, déplore Nicolas Bihan. Ce genre d’incident arrive de plus en plus fréquemment et la ministre de la Justice n’intervient jamais. Nous sommes oubliés par l’administration. »