Régionales: Sandrine Rousseau veut « faire reculer le FN avec des idées »

POLITIQUE La tête de liste d'EELV, Sandrine Rousseau, souhaite rallier la gauche la plus large possible pour faire avancer les idées écologistes...

Gilles Durand

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Sandrine Rousseau aux journées d'été d'EELV, à Villeneuve d'Ascq.
Sandrine Rousseau aux journées d'été d'EELV, à Villeneuve d'Ascq. — G. Durand / 20 Minutes

Une nouvelle union de la gauche ? Samedi, les militants EELV doivent décider de la stratégie de leur parti pour les élections régionales dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie. La tête de liste écologiste et vice-présidente de région, Sandrine Rousseau, défend la recherche d’un accord avec le Front de Gauche pour le premier tour.

Pourquoi proposer cette alliance avec le Front de gauche ?

Les gens qui sont proches des idées écologistes ne sont pas prêts à voter sur une liste EELV-PS au premier tour et nos militants ne veulent pas d’une alliance uniquement avec les socialistes. Ils vont sûrement le confirmer, samedi. La recherche d’un accord doit permettre de faire le plein de voix à gauche pour pouvoir l’emporter avec le PS au second tour.

Certains, à EELV et au PS, critiquent cette prise de position ?

Les écologistes n’ont jamais fait alliance avec le PS au premier tour dans cette région. Pourquoi devrions-nous le faire cette fois ? A cause de la peur du FN ? On ne combat pas le FN par la peur, on le fait reculer avec des idées. Le FN est un monstre qui n’est alimenté que par la peur.

 

Vous avez pourtant travaillé avec le PS pour diriger le conseil régional…

L’arbitrage était souvent le fait du PS. Nous aurions voulu aller plus loin dans de nombreux domaines car on sait qu’il faut passer à la vitesse supérieure en terme d’écologie. Les défis sont nombreux dans la région : les risques de submersion marine entre Dunkerque et Calais, la pollution de l’air qui atteint des niveaux incroyables, la crise agricole…

Quelle sera la base de votre programme ?

Il faut défendre haut et fort la transition énergétique. Même le pape dit que c’est une urgence. Maintenant, on doit agir. La protection de l’environnement est créatrice d’emplois qui ne sont pas délocalisables. Dans ce secteur, on est loin d’avoir tout essayé. Cette région a besoin, plus que jamais, d’écologie.

Par exemple ?

Un plan d’accompagnement de l’industrie. Ce secteur a la nécessité de prendre les questions environnementales de front et ça peut devenir une opportunité. Arc International, par exemple, a investi pour diminuer sa consommation d’énergie. Résultat, l’entreprise a gagné le marché des verres avec Ikea. Idem avec l’industrie de la pêche. Les pêcheurs crèvent du prix du diesel. La solution n’est pas de le baisser, mais d’investir dans des moteurs hybrides. Le conseil régional peut aider à développer ce genre d’innovation.

Quelle est votre position sur l’écotaxe ?

Nous sommes favorables à sa mise en place dans la région sous le nom de pollutaxe. Elle doit permettre de réduire la pollution et d’améliorer ainsi la santé des gens qui doit rester une priorité.