Dunkerque: Payés 300 euros par mois pour 55 heures par semaine... en France

SOCIAL La justice a ouvert une enquête sur les agissements d'un sous-traitant italien sur le chantier du temrinal méthanier de Loon-Plage...

Olivier Aballain

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Le chantier du terminal méthanier de Dunkerque en juillet
Le chantier du terminal méthanier de Dunkerque en juillet — Denis Charlet

Des salariés roumains payés 300 à 500 euros par mois pour 50 à 60 heures par semaine… Le chantier du terminal méthanier, près de Dunkerque, est peut-être le deuxième plus gros de France, mais ses 1.700 travailleurs ne sont pas tous logés à la même enseigne.

Selon la Voix du Nord, une information judiciaire a été ouverte contre X par le parquet de Dunkerque pour « rémunérations et conditions de travail incompatibles avec la dignité humaine » sur le méga-chantier du terminal de Loon-Plage.

Des conditions dénoncées dès 2013 par les syndicats

La procédure découle d’une vaste opération de contrôle réalisée sur place à la fin du mois de juin. L’action coordonnée de la police aux frontières, de l’URSSAF (cotisations sociales), et de l’inspection du travail a permis de mettre au jour des soupçons d’irrégularités commises au détriment de salariés roumains.

Ceux-ci seraient employés par un sous-traitant italien du maître d’ouvrage (Dunkerque LNG), qui a lui-même fait appel à une boîte d’intérim roumaine. Cette sous-traitance étrangère en cascade avait été dénoncée dès la fin 2013 par la CGT et la CFE-CGC. Les syndicats évoquaient alors des fiches de salaires avoisinant les 600 euros, et un taux de travailleurs étrangers sur le chantier avoisinant les 60 %.

« Il existerait une distorsion entre les heures de travail déclarées et celles qu’ils font en vrai », avait confié à l’AFP une source proche de l’enquête, en juillet, à propos des salariés sous-payés. A l’époque, Dunkerque LNG indiquait n’avoir « pas constaté d’écart » mais s’engageait à « prendre des mesures » si la présence de malversations était confirmée.

Dunkerque LNG est une filiale à 65 % du groupe français EDF, à 25 % du groupe belge Fluxys et à 10 % du pétrolier français Total.