Nord: Activités payantes, samedi sacrifié...les nouveaux rythmes scolaires font leur rentrée

EDUCATION Pour cette rentrée 2015-2016, certaines communes ont choisi de réformer les nouveaux rythmes scolaires...

Gilles Durand

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Le Quesnoy, le 16 décembre 2010. Le lycée Eurène Thomas est un des premiers en France à expérimenter le nouveau rythme scolaire : cours le matin et activités l'après midi comme la musique, l'escrime ou des cours de secourisme.
Le Quesnoy, le 16 décembre 2010. Le lycée Eurène Thomas est un des premiers en France à expérimenter le nouveau rythme scolaire : cours le matin et activités l'après midi comme la musique, l'escrime ou des cours de secourisme. — M.LIBERT / 20 MINUTES

C’est la rentrée scolaire, mais sur quel rythme ? Certaines municipalités ont choisi, cette année, de réformer cette réforme, tant au niveau des temps d’activités périscolaires (TAP) que du choix des matinées travaillées. Petit tour d’horizon des changements à l’heure de la rentrée.

Fin de la gratuité. En septembre 2013, Roubaix avait joué les bons élèves en étant la première grande ville de l’académie à changer de rythme scolaire. « Cela devrait coûter 1,1 million à la ville si on déduit les aides de l’Etat », annonçait, le maire (PS) de l’époque, Pierre Dubois. Depuis, changement de cap de la municipalité qui a basculé à droite lors des dernières élections. En février, la fin de la gratuité des activités périscolaires est votée au conseil municipal. En mai, les parents sont prévenus. Protestations. Résultat : une seule activité par semaine restera gratuite. A Leers aussi, les TAP seront désormais payants.

Passage du samedi matin au mercredi matin. Deux communes de l’arrondissement de Lille ont décidé de changer la demi-journée de scolarité obligatoire : Quesnoy-sur-Deûle et Cysoing. Dans chacune d'elles, les parents ont choisi majoritairement le samedi libre lors de sondages. Le maire de Cysoing évoque aussi une autre raison : l’absentéisme, environ 15 % en primaire. Sans que le rectorat ne s’émeuve de cette situation.

A Quaëdypre, près de Dunkerque, une mère de famille n’a pas eu droit à la même mansuétude. Elle a été convoquée par l’inspection académique, raconte La Voix du Nord, parce qu’elle n’envoyait pas son enfant à l’école… le mercredi matin. Deux poids, deux mesures.

Une réforme définitivement adoptée ? Un sondage publié en mars montrait le mécontentement des Français vis-à-vis des nouveaux rythmes scolaires. Le député (PS), Yves Durand, ancien rapporteur de la loi sur la refondation de l’école, veut, malgré tout, croire en son avenir. « Je suis satisfait que cette réforme se mette en place et que peu de maires, aujourd’hui, la contestent », assure-t-il.

Pour lui, « au-delà des problèmes d’argent, c’est une conception différente de l’école et de la place des parents dans l’éducation » qui s’inscrit dans les débats autour des rythmes scolaires. « Je persiste à penser que l’école, avec les parents, a aussi le rôle d’éduquer. »