Calais: Pour comprendre le feuilleton Seafrance, MyFerryLink et Eurotunnel

ECONOMIE Après l’accord signé, lundi, entre les marins et le gouvernement, le feuilleton de la Scop Seafrance a peut-être pris fin, trois ans après sa création…

Gilles Durand

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Un manifestant de MyFerryLink
Un manifestant de MyFerryLink — Philippe Huguen

La saga Seafrance a peut-être pris fin. Un accord marquant la fin d’un conflit interminable a été trouvé, lundi, au terme de huit heures de négociation. Il prévoit la reprise, par Eurotunnel et DFDS, de 402 des 487 salariés de la Scop SeaFrance, placée en liquidation judiciaire. Dans la soirée de dimanche, environ 25 marins avaient, une nouvelle fois, bloqué le trafic transmanche à Calais. Retour sur les différents épisodes de ce feuilleton social.

Janvier 2012 : La société Seafrance, exploitée par la SNCF, est liquidée. Elle assurait les liaisons transmanche entre Calais et Douvres.

Août 2012 : Lancement de la compagnie de ferries MyFerryLink sous un statut juridique particulier. Le trafic transmanche est assuré par les anciens salariés de SeaFrance qui ont créé une Scop (société coopérative) au même nom. Eurotunnel est choisi par la justice pour reprendre trois navires de l’ex-société SeaFrance, et les louer à la Scop.

 

Entre septembre 2012 et juin 2014 : La SNCF, propriétaire de SeaFrance, est condamnée pour licenciement abusif et non-reclassement de salariés licenciés lors des deux premiers plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) de 2009 et 2010, au cours desquels 726 salariés - la moitié des effectifs de SeaFrance - avaient été congédiés.

Juin 2013 : Après des premiers mois d’exploitation fructueux, début des ennuis pour MyFerryLink. La commission de la concurrence britannique exige l’arrêt des rotations des navires, arguant d’un problème de concurrence avec Eurotunnel, maison-mère, qui se trouverait en situation de monopole. Le bras de fer judicaire commence. Il va durer près de deux ans.

15 mai 2015 : MyFerryLink finit par gagner son marathon judiciaire contre l’Autorité de la concurrence et des marchés (CMA) britannique, laquelle annonce, cinq jours plus tard, qu’elle va faire appel.

28 mai 2015 : Le groupe Eurotunnel, propriétaire des bateaux, annonce qu’il ne reconduira pas le contrat qui le lie à la Scop SeaFrance. Deux navires seront vendus, deux semaines plus tard, à DFDS, concurrent danois de MyFerryLink.

 

Juin 2015 : Multiplication des coups de force de la part des marins de SeaFrance qui occupent les deux navires vendus à DFDS et bloquent le port de Calais, pour peser sur les discussions.

31 juillet 2015 : Liquidation judiciaire de la Scop SeaFrance, lourdement déficitaire.