Nord: Retour de la guerre scolaire autour de l'éducation ?

POLITIQUE L’opposition socialiste dénonce la suspension, par la nouvelle majorité du département du Nord, d’un dispositif qui accordait des moyens pédagogiques supplémentaires aux collèges…

Gilles Durand

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Illustration du collège Simone de Beauvoir de Villeneuve d'Ascq.
Illustration du collège Simone de Beauvoir de Villeneuve d'Ascq. — G. Durand / 20 Minutes

La réussite scolaire au cœur des débats. En cette rentrée, l’opposition socialiste du département du Nord, passé à droite en mars, dénonce le désengagement de la nouvelle majorité en matière d’éducation. En point de mire, la suspension du projet éducatif global départemental (PEGD) qui permettait à certains collèges de financer des activités périscolaires.

« Une belle dynamique s’est cassée »

Depuis sa mise en place en juin 2011, 124 des 201 collèges du département s’étaient lancés dans cette démarche. En 2014, 1,7 million d’euros avaient été débloqués par le département. « Une belle dynamique s’est cassée avec l’arrêt brutal de ce financement », souligne Alexandra Lechner, conseillère départementale (PS) spécialiste des questions éducatives.

Pour elle, l’intention est « de recentrer le dispositif sur la réussite scolaire au sens le plus étroit du terme en écartant la vie du jeune dans l’ensemble de ses dimensions : la santé, les loisirs, l’ouverture au monde et la citoyenneté ». Et de prendre la suppression du Pass’Sport et du chéquier jeunes pour preuve : à chaque fois, 50 euros étaient offerts aux collégiens pour les aider à la pratique du sport et à accéder aux loisirs culturels.

 

« Faire un diagnostic »

Un faux procès, selon Joëlle Cottenye, nouvelle vice-présidente (UDI) chargé de l’Education au Département. « Il s’agit de faire un diagnostic de ce qui marche et de ce qui ne marche pas dans le dispositif du PEGD avant de le relancer à la rentrée 2016 », assure-t-elle. L’élue reproche notamment un manque d’équité territoriale de l'ancien dispositif. « Certaines zones rurales semblaient moins concernées », constate-t-elle.

La suspension de ce PEGD, rebaptisé « Projet éducatif départemental des collégiens », pourrait également préfigurer « d’autres réformes pour faire des économies », selon Alexandra Lechner. Ambition avouée du nouveau président (LR) du département, Jean-René Lecerf.

Suppression de 300 à 350 emplois

« L’argument financier n’est pas le plus important, assure Joëlle Cottenye. Mais il est vrai que nous réfléchissons à une nouvelle organisation du personnel dans les collèges afin de travailler de façon optimale ». Selon le PS, l’objectif est de supprimer 300 à 350 emplois par an dans les services départementaux. Pas forcément dans les collèges.