L'affaire Adahchour rebondit à Douai

©2007 20 minutes

— 

Coup de théâtre dans l'affaire Adahchour. La cour d'appel de Douai a ordonné, hier, la réouverture de l'instruction dans cette affaire qui remonte à juillet 2005. Soupçonnée à tort de nourrir des liens avec le terrorisme international, cette famille de Werwicq-Sud avait vu la section antiterroriste de la Direction de la sécurité du territoire (DST) débarquer un beau matin. Le seul hic, c'est que la DST était accompagnée de journalistes de France 2 et de l'AFP. « Il y a eu violation du secret de l'instruction, rappelle Frank Berton, l'avocat de la famille. Je veux savoir qui a orchestré cette descente de police. »

Alors que l'instruction avait été clôturée en première instance par le doyen des juges d'instruction lillois, la cour d'appel a donc demandé, hier, sa réouverture. En clair, cela devrait donner lieu à de nouvelles auditions afin de déterminer l'origine des fuites à la presse dans cette affaire. Durant l'audience, Frank Berton, l'avocat des Adahchour, a ainsi réclamé que soient entendus tous les policiers qui ont participé - à Lille ou à Paris - à cette enquête, ainsi que Jean-Louis Bruguière, le juge antiterroriste qui a délivré la commission rogatoire pour permettre cette opération musclée. Dans le viseur de l'avocat des Adahchour, on trouve également les « supérieurs hiérarchiques du patron de la DST », parmi lesquels le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy. « Je m'attends désormais à des mises en examen », confie Frank Berton.

juge Jacques Huart, le vice-président du tribunal de grande instance de Lille, étant parti à la retraite, un nouveau juge d'instruction va devoir être nommé dans cette affaire.